Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a réussi à obtenir une majorité parlementaire ce lundi, un an après son ascension au pouvoir, lui offrant ainsi l'opportunité d'accélérer ses réformes face aux défis économiques posés par les États-Unis.
Des élections partielles se tenaient ce jour-là en Ontario et au Québec, et le Parti libéral de M. Carney a déjà remporté deux circonscriptions, notamment à Toronto, comme l'indiquent plusieurs médias canadiens. Les résultats d'une troisième circonscription, celle de Terrebonne au Québec, pourraient toutefois ne pas être connus avant mardi.
Ancien banquier central, Carney avait étonné l'électorat l'an dernier en remportant les élections législatives, mais il n'avait alors pas réussi à obtenir la majorité des sièges. Grâce à ce dernier succès, son gouvernement se trouve en position de force jusqu'en 2029. Justin Trudeau, son prédécesseur, avait été le dernier à détenir une telle majorité, entre 2015 et 2019.
La réputation d'économiste avisé de Carney, habitué à gérer des crises, a su rassurer nombre de Canadiens inquiets, surtout avec la montée des tensions liées à la politique de Donald Trump, qui aspire à transformer le Canada en 51e État américain. Lors d'un discours ce week-end, Carney appelait ses partisans à unir leurs forces pour traverser cette période de transformation cruciale.
"Nous vivons un moment de changement qui redéfinira notre pays pour les générations à venir", a-t-il déclaré, soulignant l'importance de l'unité face aux défis actuels.
- "Un moment historique" -
Ramon Ponce, retraité et électeur à Terrebonne, précise qu'une majorité parlementaire va renforcer la position de Carney dans le contexte mondial actuel. Dans les rues de Toronto, Jeyaram Duraisingam exprime son admiration pour la candidate libérale Danielle Martin et salue l'approche proactive de Carney face aux enjeux internationaux et aux relations avec l'Europe.
L'ombre de Donald Trump plane sur le Canada, où les répercussions de sa politique sont déjà visibles. Les droits de douane imposés sur des secteurs clés comme l'acier et l'automobile ont fait ralentir l'économie. Bien que le pays n'ait pas encore plongé dans la récession, le taux de chômage a atteint 6,7%, et le climat économique demeure préoccupant.
Mark Carney, face à ces épreuves, parvient à susciter un élan positif, mettant en avant l'importance du moment historique actuel, selon Geneviève Tellier, politologue à l'Université d'Ottawa. Elle note que sa volonté de rassembler pourrait porter ses fruits dans ce climat de polarisation politique.
Au cours des dernières semaines, il a réussi à attirer à lui des députés conservateurs, témoignant de sa capacité à élargir sa base. Un sondage Nanos récent indique que 54% des Canadiens soutiennent son leadership, contre seulement 23% pour son principal rival, le conservateur Pierre Poilievre.
Cependant, une ombre demeure sur l'administration Carney : la question cruciale du pouvoir d'achat. L'institut Angus Reid a noté que les préoccupations concernant le coût de la vie sont ressenties de manière plus aiguë que jamais, en particulier parmi les Canadiens à faible revenu. Plus de 40% ressentent une pression financière significative, exacerbée par la hausse des coûts alimentaires et leur niveau d'endettement.







