Mardi, le candidat ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga a appelé les autorités électorales à annuler le scrutin, dénonçant des irrégularités sans fondement, alors que le dépouillement se poursuit après un vote agité.
Keiko Fujimori, candidate de droite, mène les résultats partiels, tandis que la course pour la seconde place s'intensifie à l'approche d'un éventuel second tour prévu le 7 juin.
Plus de 50.000 électeurs, empêchés de voter dimanche en raison de problèmes logistiques, ont été contraints de se rendre aux urnes le lundi suivant.
Dans une déclaration à la presse, Lopez Aliaga, ancien maire de Lima et concurrent visible dans ce premier tour, a exigé : "L'autorité électorale (JNE) doit déclarer nul tout ce processus ou trouver une solution".
Il a qualifié le scrutin de "grave compromis", demandant explicitement l'annulation d'une élection marquée par un nombre record de 35 candidats. Sur ses réseaux sociaux, il a exhorté ses partisans à manifester, exprimant leur inquiétude face à une prétendue fraude électorale.
Avec près de 17% des voix selon les décomptes actuels, Keiko Fujimori, fille du président autocrate Alberto Fujimori, se positionne en tête. Cependant, Rafael Lopez Aliaga, surnommé "Porky", suit de près tandis qu'un autre candidat de gauche, Roberto Sanchez, se profilerait pour une place au second tour, avec des taux de vote de respectivement 10 et 13%.
Sanchez, en réponse aux critiques de Lopez Aliaga, a affirmé : "Nous exigeons le respect absolu de chaque vote des Péruviens. Aucune voix ne vaut plus qu'une autre" lors d'une conférence de presse.
- Scrutin serré -
Le chaos du scrutin a donné du grain à moudre à ceux qui, déçus par les résultats, crieraient à la fraude, selon le politologue Eduardo Dargent. Malgré des accusations de fraude non vérifiées, Annalisa Corrado, responsable de la mission d'observation de l'Union Européenne, a noté : "Il est clair qu'il y a eu de graves dysfonctionnements".
Le JNE a ouvert une enquête contre Piero Corvetto, le chef de l'ONPE, pour entrave au droit de vote, soulignant ainsi l'urgence de trouver des réponses face à cette situation délicate. Keiko Fujimori a appelés à la prudence sur la marge étroite entre les candidats.
La lassitude politique est palpable au Pérou, un pays déjà connu pour son instabilité avec huit présidents en dix ans. Les Péruviens, comme Yeraldine Garrido, une réceptionniste de 35 ans, se disent perplexes par cette situation : "Il n'y a aucun contrôle. On ne sait même pas si les résultats sont véritables. Il faudrait refaire des élections".
Plus de 27 millions d'électeurs étaient convoqués pour élire le président et les parlementaires lors de ce vote obligatoire, illustrant un retour au Parlement bicaméral pour la première fois depuis 1990. Ce scrutin s'est déroulé sur fond de criminalité croissante, avec des propositions audacieuses de la part des candidats, allant de la construction de prisons à des primes pour la police sur des délits.
Le prochain président sera investi le 28 juillet, mais d'ici là, la question des élections et de leur légitimité reste ouverte.







