Le pape Léon XIV poursuit sa tournée sur le continent africain mercredi au Cameroun, une nation à majorité chrétienne, où il transmettra un discours de paix aux régions anglophones, ravagées par un conflit meurtrier depuis presque dix ans.
Après une visite marquante en Algérie, marquée par des appels à la fraternité interreligieuse et une référence historique à Saint Augustin, le souverain pontife américain devrait arriver à Yaoundé vers 15 heures (14 heures GMT).
Dans ce pays d'Afrique centrale, environ 37 % des 30 millions d'habitants se déclarent catholiques. L'Église y joue un rôle crucial dans la médiation et gère un large réseau d'hôpitaux, d'écoles et d'œuvres caritatives, un levier d'influence que le Saint-Siège souhaite renforcer.
À la cathédrale Notre-Dame-des-Victoires de Yaoundé, l'engouement se fait sentir avec l'affluence d'affiches et de drapeaux célébrant la quatrième visite d'un pape au Cameroun, la première depuis celle de Benoît XVI en 2009.
En début de visite, le pape rencontrera le président Paul Biya, 93 ans, doyen des chefs d'État, puis s'adressera aux autorités et au corps diplomatique au palais de l'Unité.
- Un appel au dialogue -
Cependant, certains fidèles craignent que cette visite ne serve à embellir l'image du président, réélu dans un scrutin contesté marqué par des violences. Léon XIV, âgé de 70 ans, visitera aussi un orphelinat avant une rencontre avec les évêques du pays.
L'événement le plus symbolique de ce séjour est programmé pour jeudi avec un voyage sécurisé à Bamenda, épicentre des violences au nord-ouest. Ce conflit a engendré des milliers de morts et des déplacés. Récemment, des groupes séparatistes ont annoncé une trêve de trois jours pour accueillir le pape.
Depuis 2017, un mouvement indépendantiste a vu le jour, réclamant la création de la "République d'Ambazonie". Les civils, pris dans ce conflit, subissent des extorsions, des violences et des enlèvements. L'ONU estime que plus de 6,000 personnes ont perdu la vie depuis 2016.
Le pape prononcera un discours et célébrera une messe à l'aéroport de Bamenda, rénové pour l'occasion. Tous espèrent qu'à son arrivée à Bamenda, la paix régnera et que les violences cesseront. Giovanni Mbuna, un fidèle ayant vécu l'enlèvement par des séparatistes, partage son souhait d'un retour à la paix.
- Espoir d'une réconciliation -
Andrew Fuanya Nkea, archevêque de Bamenda, exprime l'espoir que la visite du pape adoucisse les cœurs des extrémistes, favorisant ainsi un terrain d'entente pour une résolution pacifique. La tournée se poursuivra vendredi à Douala, où le pape célébrera une messe attendue par des centaines de milliers de participants.
La situation au Cameroun est critique, selon l'archevêque de Douala, Samuel Kleda, qui décrit les souffrances et le chômage de la population. Il considère cette visite comme une opportunité de débuter une transformation significative du pays.
Lors de son passage en Algérie, le pape a appelé à la poursuite du dialogue avec les musulmans et a exprimé des vœux de pardon, faisant référence aux événements douloureux de la guerre d'indépendance contre la France.
Ce voyage de 18,000 km du chef des 1,4 milliard de catholiques se poursuivra ensuite vers l'Angola et la Guinée équatoriale, jusqu'au 23 avril.







