La tension au Moyen-Orient soulève de sérieuses inquiétudes quant à l'approvisionnement en kérosène, un carburant vital pour l'aviation. Les experts prédisent des pénuries imminentes, notamment en cas de blocage prolongé du détroit d'Ormuz, une artère essentielle pour le transport de pétrole.
Les conséquences pourraient être dramatiques : des vols annulés, des avions cloués au sol, et un impact significatif sur les passagers européens. Selon Claudio Galimberti, économiste au sein du cabinet Rystad Energy, le risque de pénurie se rapproche, notamment pour les mois de mai et juin. "Des réductions drastiques de vols en Europe sont à craindre", a-t-il averti lors d'une interview à CNBC.
À Bruxelles, la Commission européenne a tenté de rassurer la population, affirmant qu'aucune pénurie de carburants n'était à signaler pour l'instant. Toutefois, la porte-parole Anna-Kaisa Itkonen a reconnu que des difficultés d'approvisionnement pourraient survenir dans un avenir proche, notamment pour le kérosène.
Le 9 avril, le Conseil international des aéroports (ACI) a alerté la Commission européenne, précisant que les pénuries pourraient débuter dès début mai si la situation ne s'améliore pas dans le détroit d'Ormuz. De plus, Fatih Birol, président de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), a exprimé des inquiétudes similaires concernant l'Europe.
En France, la situation n'est pas alarmante, mais dépend de la rapidité avec laquelle le kérosène est fourni aux aéroports. Rico Luman, économiste à la banque ING, a souligné que les aéroports plus petits pourraient se retrouver dans une situation précaire, tandis que les grandes plateformes seraient mieux approvisionnées.
Les compagnies aériennes, confrontées à une incertitude croissante, cherchent des solutions pour établir leurs calendriers de vols. Airlines for Europe (A4E), qui regroupe des entreprises majeures comme Air France-KLM, a plaidé pour un système d'information en temps réel sur les stocks de carburant, afin d'anticiper au mieux les pénuries.
Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a également tiré la sonnette d'alarme, prévoyant des problèmes d'approvisionnement si la situation perdure. Cependant, il reste incertain quant à l'issue de ces tensions géopolitiques. La proposition d'autoriser l'importation de Jet A, un type de kérosène américain, peine à obtenir le soutien nécessaire en raison de divers enjeux réglementaires et logistiques.
Alors que les regards se tournent vers l'évolution de la situation au Moyen-Orient, l'avenir des vols en Europe reste plus que jamais en jeu.







