L’Indonésie a franchi une étape cruciale en adoptant le 21 avril une loi protégeant les 4,2 millions de travailleurs domestiques, dont la majorité sont des femmes. Cette mesure, après deux décennies de discussions, apporte une couverture santé, des allocations de chômage et interdit l'emploi des mineurs de moins de 18 ans.
Le vote historique a eu lieu au Parlement indonésien, accueillant des applaudissements chaleureux lorsque la présidente de la chambre basse, Puan Maharani, a officialisé l'adoption de ce texte.
Présenté pour la première fois en 2004, ce projet de loi se base sur des statistiques du ministère de la Main-d'œuvre, soulignant que 90 % des travailleurs sont des femmes. Il vise à offrir « une sécurité juridique tant aux employés qu’aux employeurs, et à prévenir toute forme de discrimination, d’exploitation et de violence », comme l'a expliqué le ministre indonésien de la Justice, Supratman Andi Agtas.
Aucun statut légal jusqu'alors
Les travailleurs domestiques auront enfin accès à une formation professionnelle, à des soins de santé et à des prestations de chômage. De plus, la loi prohibe explicitement l'embauche d'enfants, une pratique répandue dans un pays où moins d'un tiers des jeunes achève leur éducation secondaire.
Les agences de placement seront désormais tenues d'opérer légalement et ne pourront plus retenir les salaires de leurs employés. Bien que la loi n'établisse pas de salaire minimum, elle prévoit une période de 12 mois pour élaborer des règlements d'application.
Jusqu’ici, ces travailleurs n’avaient aucun statut légal, ce qui les contraignait à vivre à l’écart de la régulation, favorisant ainsi l'exploitation. Selon l’association Jala PRT, plus de 3 300 cas d’abus physiques et psychologiques ont été signalés entre 2021 et 2024.
Des révélations choquantes sont également survenues en 2023 à Djakarta, où plusieurs individus ont été condamnés à des peines de prison pour maltraitance de leurs employés domestiques, une situation alarmante qui souligne l’urgence de la législation.







