Dans la nuit de lundi à mardi, l'ONG Amnesty International a illuminé Paris avec des messages percutants, marquant la publication de son rapport annuel sur la situation des droits humains à l'échelle mondiale.
Cette opération audacieuse, orchestrée en toute discrétion, s'est déroulée entre 1h30 et 2 heures du matin. Des activistes d'Amnesty ont projeté leurs messages sur des monuments emblématiques, notamment l'Arc de Triomphe dans le VIIIe arrondissement de Paris, l'Assemblée nationale dans le VIIe, et l'arche de La Défense dans les Hauts-de-Seine.
Les messages, tels que « Justice : gouverner, c’est la choisir, pas les piétiner » et « Protection : gouverner, c’est protéger, pas écraser », ont été choisis pour inciter à la réflexion et à la responsabilité face à l'urgence humaine. Cela fait écho à la sortie de leur rapport, publié ce 21 avril, qui met en lumière des violations flagrantes des droits fondamentaux.
« Face à l'état du monde, où des crises majeures comme le génocide à Gaza et les tensions au Moyen-Orient se multiplient, l'idée de ce coup de projecteur est née », explique Arnaud Humblot, responsable communication d'Amnesty International France. Les projections sur des sites soigneusement sélectionnés visent à éveiller les consciences politiques et sociales.
Des gouvernements silencieux, complaisants et donc complices
Humblot dénonce une époque qu’il qualifie de "prédateurs et lâches", citant des figures comme Donald Trump, Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahou, et soulignant le manque de courage chez les dirigeants européens. "Il est temps que des gouvernements comme celui de la France montrent davantage de fermeté face à ces crises".
La projection de messages sur l'Assemblée nationale vise à rappeler au gouvernement son rôle dans la protection des droits humains. "Il est regrettable qu'il n'y ait pas plus de leaders comme Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, prêts à s'opposer fermement aux actions des puissants".
Un rapport alarmant sur la perte de vies humaines
Amnesty rappelle dans son rapport les chiffres alarmants, mentionnant les plus de 26 000 Palestiniens tués par les forces israéliennes à Gaza en 2025 et les près de 15 000 pertes civiles résultant du conflit en Ukraine depuis février 2022. Tous ces événements rappellent l'urgence de défendre les droits humains dans un contexte mondial troublé.
L’action, qui a mobilisé une quinzaine de personnes sur les trois sites, s'est déroulée sans incident majeur. Bien qu'il y ait eu des contrôles par la police à La Défense, aucune interpellation n'a eu lieu. "Nous nous engageons à rappeler la nécessité de justice et de protection sans agression", ajoute Humblot.
Ces derniers mois, Amnesty a intensifié ses actions publiques, témoignant d'une volonté manifeste d'interpeller le public et les décideurs, notamment par des initiatives antérieures telles qu’une intervention sur la Fontaine des Innocents et un message projeté sur la vasque olympique.







