La France a récemment décidé de s'abstenir lors du vote d’une résolution de l’ONU, qui reconnaît la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l’humanité. Cette décision, qui a été annoncée fin mars, a suscité de vives réactions.
Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a expliqué que cette abstention est due à un principe fondamental : « nous refusons de créer une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité ». Il s'est exprimé lors d'une visite officielle à Lomé, la capitale togolaise, en soulignant qu’il est crucial de ne pas mettre en compétition les souffrances causées par ces crimes, qui continuent d'affecter des communautés aujourd'hui.
Alors que Barrot a plaidé pour la levée de la suspension médiatique de France 24 et de Radio France internationale au Togo, il a également insisté sur la nécessité d’entamer un véritable processus de réflexion de mémoire sur le passé, aussi bien pour les réussites que pour les aspects les plus sombres de l’histoire.
La résolution, adoptée avec 123 voix en faveur, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, désigne l'esclavage des Africains comme « les plus graves crimes contre l’humanité ». Ce texte a été soutenu par le président ghanéen John Mahama, un important acteur dans cette démarche, soulignant l'importance de la trame historique du commerce transatlantique des esclaves.
La résolution invite tous les États à s'engager dans des actions de réparation, incluant des excuses officielles, des compensations pour les héritiers des victimes, la lutte contre le racisme et la restitution des biens culturels et spirituels pillés. Ces mesures visent à adresser les injustices persistantes et à promouvoir un avenir commun, comme le souligne également La Croix dans ses récentes analyses.







