Boualem Sansal, nouvellement intronisé à l’Académie royale de Bruxelles, a exprimé son intention de quitter la France. "La France, c’est fini pour moi. Il me reste quelques mois à tirer dans ce pays. Puis, je me tire", a-t-il déclaré la veille de son intronisation. Cette réflexion émerge au milieu de ses inquiétudes face aux attaques médiatiques incessantes.
Dans une interview accordée au Figaro, l'écrivain s'interroge : "Pourquoi rester en France avec toutes ces attaques que je subis matin et soir ?" Confirmant son malaise, il a ajouté : "Ce ne sont plus des critiques, mais des insultes".
Sansal a pointé du doigt ce qu'il appelle "une poignée d’oligarques de la pensée" qui, selon lui, tentent de réduire sa liberté d'expression. "Je vais quitter ce pays. Peut-être irai-je en Suisse ou en Belgique, mais je continuerai à critiquer depuis là-bas", a-t-il ajouté, exprimant son besoin d'évasion.
Le poids des critiques
"On me fait passer pour un criminel", déplore-t-il. La situation, qu'il décrit comme pire qu'une dictature, l'angoisse au point de vouloir fuir. Avec un soupçon d'ironie, Boualem Sansal reconnaît avoir de nombreux soutiens de la part du public : "Les Français sont adorables, je fais presque l’unanimité auprès de ceux que je croise dans la rue". Cependant, il reste amer face aux critiques incessantes d'un petit groupe influent.
Naturaliser en 2024 par Emmanuel Macron, Boualem Sansal a connu des temps dramatiques, ayant été incarcéré en Algérie pour ses positions critiques. Libéré en 2025, il a retrouvé un nouveau foyer en France, mais aujourd'hui, son avenir semble incertain.
Le besoin d'évasion s'accompagne d'une vision de ces récents événements, qui l'ont profondément affecté. "Je refuse d'être la marchandise d'un débat où l'on négocie ma peau", a-t-il conclu. Son dernier ouvrage, "La Légende", qui traite de sa détention, doit sortir le 2 juin. L'écrivain espère ainsi tourner la page d'une période douloureuse tout en continuant à porter son message, qu'il estime indispensable.







