Un terrible attentat à la bombe a coûté la vie à au moins 14 personnes et fait 38 blessés samedi sur une route du sud-ouest de la Colombie, un pays frappé par une spirale de violence à l’approche des élections présidentielles.
Les autorités locales pointent du doigt les dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farcs), qui se sont opposés au processus de paix de 2016, semant la peur parmi la population.
Des photographies diffusées par l’AFP montrent des scènes de désolation, avec des corps étendus au sol, des véhicules endommagés et des cratères béants sur les routes dans le département du Cauca, un bastion des groupes armés.
Le gouverneur Octavio Guzmán a déclaré sur X que "14 morts et plus de 38 blessés, parmi lesquels cinq mineurs", avaient été recensés. Des témoignages évoquent la violence de l'explosion qui a jeté les victimes et leurs voitures à plusieurs mètres.
"Nous attendions que notre passage soit autorisé lorsque la déflagration s'est produite", a confié à l'AFP Francisco Javier Betancourt, producteur de café et témoin de la tragédie. "C'est là où en est notre pays".
Les autorités ont également révélé qu’il est difficile de quantifier le nombre exact de victimes, la situation étant compliquée par des échanges de tirs avec des guérilleros dans la région. Une source policière a précisé que les équipes de secours s'efforçaient de retrouver d'éventuelles personnes disparues.
Le président Gustavo Petro a vivement condamné l’attentat, qualifiant ses auteurs de "terroristes, fascistes et trafiquants de drogue". Il a mis en avant la nécessité de déployer les meilleures forces armées pour lutter contre eux, pointant particulièrement Ivan Mordisco, le chef des dissidents des Farcs, qu'il a souvent comparé à Pablo Escobar.
Après avoir tenté de négocier un accord de paix avec Mordisco, Petro semble désormais avoir opté pour une réponse militaire, offrant une récompense d’environ un million de dollars pour des informations menant à sa capture.
Ce week-end, un autre attentat a eu lieu à Cali, tuant un soldat et témoignant de l'escalade de la violence dans les régions déjà affectées par ces groupes armés.
Cette vague de violence prend une ampleur considérable à l’approche des élections présidentielles de 2025, où la question de la sécurité est plus que jamais au cœur des préoccupations. Gustavo Petro, élu en 2022, se prépare à quitter le pouvoir, et son héritier politique présumé, le sénateur Iván Cepeda, est en tête des sondages, suivi de près par Abelardo de la Espriella et Paloma Valencia, tous les trois recevant des menaces de mort et nécessitant une sécurité renforcée.
Dans ce climat de tension, il n'est pas rare que des groupes armés, financés par des activités illicites, cherchent à influencer les processus électoraux par la violence. La Colombie, face à ce fléau, doit maintenant faire face à des enjeux fondamentaux pour son avenir.







