Des combats dévastateurs ont éclaté, samedi dernier, au Mali, alors que des jihadistes, en alliance avec les séparatistes touareg, ont lancé des attaques coordonnées contre la junte au pouvoir. Les affrontements se poursuivent dimanche, touchant non seulement la capitale Bamako, mais également des zones critiques dans le nord du pays, au cœur de la région sahélienne.
Depuis le 25 avril, plusieurs localités, y compris Bamako, sont le théâtre de violences ininterrompues. Des membres du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), un groupe lié à Al-Qaïda, se sont unis avec les séparatistes touareg du Front de Libération de l'Azawad (FLA) pour s'en prendre à l'armée malienne. Supportée par des mercenaires russes de l'Africa Corps, l'armée riposte, mais les combats se intensifient.
Des attaques coordonnées inédites des jihadistes et des rebelles touareg
Les Forces armées maliennes (FAMa) font face à une offensive sans précédent d'union jihadiste et rebelle. Le Jnim, qui mène une insurrection depuis des années, a récemment vu ses capacités renforcées par cette alliance. Le FLA, créé après la dissolution d’une précédente coalition, cherche à revendiquer l'Azawad, une région du nord du pays, où il a perdu le contrôle de nombreuses localités en fin 2023.
Ce renouveau de violence, constaté ces derniers jours, marque un tournant dans le conflit qui dure depuis plus d'une décennie. Selon l'AFP, les attaques contre des cibles militaires sont de plus en plus fréquentes depuis que la junte a pris le pouvoir en 2020.
Des villes clés ciblées, dont la capitale et le fief de la junte
Dès samedi, des tirs ont retenti à Kati, près de Bamako, ainsi qu'à Gao et Sévaré, des villes strategiques du pays. Le gouvernement a annoncé plusieurs blessés parmi les civils et militaires, tout en affirmant dans un communiqué que "la situation est totalement sous contrôle dans l'ensemble des localités" touchées.
De plus, le Jnim a proclamé sa victoire par ces actions, confirmant leur concertation avec les rebelles touareg. Ils ont visé des sites cruciaux, tels que le bureau du président Assimi Goïta et des infrastructures militaires.
Les rebelles touareg annoncent un accord avec les mercenaires russes pour leur retrait de Kidal
Dans un retournement de situation, les rebelles touareg ont déclaré un accord avec les mercenaires russes, les permettant de quitter Kidal, qu'ils revendiquent désormais comme sous leur contrôle intégré. Cette opération, signifiée par un porte-parole, interpelle sur l'évolution des alliances et des stratégies sur le terrain.
La communication de la rébellion à l'aide de vidéos sur les réseaux sociaux a montré cette transition, alors qu'ils disent avoir pris le contrôle de plusieurs nouvelles positions dans la région de Gao.
Un couvre-feu appliqué dans le district de Bamako
Pour faire face à cette escalade, le gouverneur du district de Bamako a instauré un couvre-feu de 21 heures à 6 heures, pouvant être prolongé selon l’évolution des événements. L’état-major malien a intensifié ses patrouilles alors qu'ils restent déterminés à protéger l'intégrité du territoire national.
La communauté internationale condamne les attaques
Les réactions internationales se sont multipliées. La Cedeao a exprimé sa profonde préoccupation face à ces actes violents et leur impact sur la stabilité régionale. Le président de l'Union Africaine a également pointé le danger que courent les populations civiles, appelant à une réponse collective face à ces menaces.
Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, a condamné ces actes de violence et a insisté sur la nécessité d'un soutien global pour faire face aux défis sécuritaires du Sahel. L'Union Européenne a également réitéré son engagement à soutenir le Mali dans la lutte contre le terrorisme.







