Le président russe Vladimir Poutine a accueilli ce lundi à Saint-Pétersbourg le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Cette rencontre survient trois semaines après l'établissement d'un cessez-le-feu entre l'Iran et Israël, alors que Téhéran tente de consolider ses alliances face à Washington. En dépit des tensions autour du détroit d'Ormuz, où 37 navires ont été détournés par les États-Unis, la Russie se positionne comme un allié stratégique de la République islamique.
Un "front uni" face à l'hégémonie
À peine trois semaines après la trêve qui a mis fin à 40 jours de conflits entre l'Iran et Israël, soutenu par les États-Unis, Moscou affirme avec force son soutien à Téhéran. "Nous sommes un front uni contre les forces hégémoniques", a déclaré l'ambassadeur d'Iran en Russie, Kazem Jalali, sur son compte X, évoquant une lutte contre un monde unilatéral dominé par l'Occident.
Araghchi a été reçu par Poutine selon les informations rapportées par l'agence de presse Tass, confirmant ainsi l'importance de cette visite diplomatique. Le chef de la diplomatie iranienne multiplie les démarches pour rallier des soutiens, notamment à travers des échanges avec des responsables pakistanais, qui jouent un rôle de médiateur avec les États-Unis.
Le détroit d'Ormuz au cœur des préoccupations
Priorisant la sécurité du détroit d'Ormuz, crucial pour les échanges énergétiques mondiaux, Araghchi a récemment discuté avec le chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, ainsi qu'avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Lors de ses négociations à Oman, il a affirmé que les pays riverains doivent assurer un transit sûr pour le bénéfice de la région et du monde entier, dans un contexte de blocus américain et iranien.
Des échanges préparatoires avec les États-Unis ont été effectués via le Pakistan, avec des "messages écrits" d'Iran sur ses attentes liées à son programme nucléaire et à la sécurité maritime dans le détroit d'Ormuz, comme rapporté par l'agence Fars. Cependant, malgré ces efforts, les liens entre Téhéran et Washington restent tendus. La presse américaine, notamment Axios, a signalé qu'une proposition iranienne visant à rouvrir le détroit tout en maintenant le dialogue sur le nucléaire a été transmise, mais sans résultats concrets jusqu'à présent.
Précisions sur la dynamique des négociations
Les discussions ayant commencé en avril au Pakistan ont stagné, avec des déclarations réciproques de fermeté de la part des deux camps. Le président américain Donald Trump a mis en avant la nécessité pour l'Iran de se rapprocher pour entamer des pourparlers. Le faible développement de la diplomatie américaine s'est illustré par l'annulation d'une visite prévue de Jared Kushner, le gendre de Trump.
Trump a exprimé la confiance en ses actions, déclarant : "Nous avons fait un excellent travail, cela va se terminer bientôt". Pendant ce temps, le détroit d'Ormuz, par où transitaient 20 % des énergies mondiales avant les conflits, est au fracas de tensions militaires, comprenant l'interception d'un navire iranien par les États-Unis. Cette situation a incité les autorités iraniennes à avertir d'une réponse militaire si les provocations se poursuivent.
Frappes israéliennes en cours au Liban
En parallèle, des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont causé la mort de 14 personnes, avec des conséquences tragiques, y compris des enfants, suite à une intensification des hostilités. Les tensions au Liban aggravent une dynamique déjà complexe, avec des accusations mutuelles entre le Hezbollah et l'armée israélienne de violer le cessez-le-feu en place depuis peu.
Alors que la situation dans la région demeure volatile, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira pour discuter des préoccupations liées à la sécurité maritime, un enjeu central dans les conflits en cours au Moyen-Orient.







