Jean-Michel Dunand a été victime de thérapies de conversion, ces pratiques religieuses destinées à transformer l'orientation sexuelle d'une personne pour la rendre 'hétérosexuelle'. Entre prières de 'guérison', 'délivrance' et exorcisme, il partage son parcours made de violences psychologiques et comment il a réussi à se libérer de cette emprise religieuse.
"J'ai commencé à développer une certaine haine de moi-même". Avant même d'entrer dans ces thérapies, Jean-Michel a dû faire face à l'oppression de son entourage, et ressentait déjà un profond mal-être en tant qu'homosexuel. Dès le collège, il a été la cible d'un harcèlement scolaire quotidien : "Des insultes fusaient dans les couloirs, des mots d'une violence inouïe..." se remémore-t-il.
Grandissant dans une famille chrétienne, Jean-Michel a côtoyé la foi mais aussi un environnement homophobe. "On ne parlait pas franchement de certains sujets, c'était un angle mort", confie-t-il. C'est lors de son entrée dans un couvent, à 18 ans, qu'il commence à se renier. "Je voulais disparaître, me débarrasser de ma sexualité".
Partagé entre son identité et sa foi, il mène une double vie : le Jean-Michel du jour et le Jean-Michel de la nuit. En proie à la culpabilité, il se confie à un religieux, ce qui marque le début des thérapies de conversion. "Il fallait que je guérisse". Au sein d'une communauté, un prêtre lui a tristement affirmé : "Tu es possédé par le démon de l'homosexualité".
"J'ai été plongé dans les ténèbres abyssales"
Jean-Michel, à propos des thérapies de conversion
Jean-Michel se voit ensuite proposé de participer à des 'prières de guérison', et même à des exorcismes. "On m'a attaché sur un lit à l'époque, j'ai subi un 'grand exorcisme'... C'étaient des sangles physiques, mais aussi une restriction religieuse", se souvient-il, profond de douleurs et de traumatismes. Ces souvenirs sont gravés en lui, témoignant d'une lutte contre des forces qu'on lui a peu à peu inculquées, lui infligeant une détresse immense.







