Le vote crucial prévu mardi pourrait décider si le Premier ministre britannique, Keir Starmer, sera soumis à une enquête parlementaire suite à la nomination controversée de Peter Mandelson en tant qu'ambassadeur à Washington.
Accusé d'avoir induit la représentation nationale en erreur sur la conformité des procédures de nomination, Starmer fait face à des pressions croissantes de l'opposition, qui réclame sa démission.
Lindsay Hoyle, président de la Chambre des communes, a déclaré avoir organisé ce vote à la demande de nombreux députés, y compris de la cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch.
D'après des révélations du The Guardian le 16 avril, et confirmées par des sources gouvernementales, le ministère des Affaires étrangères a accordé une habilitation de sécurité à Mandelson pour le poste d’ambassadeur, en dépit d'un avis défavorable sur ses antécédents.
Bien que Starmer ait exprimé son ignorance sur ces démarches lors de l’annonce de la nomination en décembre 2024, il a depuis limogé le haut fonctionnaire du Foreign Office pour ne pas l'avoir informé de cette situation. Le Premier ministre a également nié toute pression exercée par son cabinet pour accélérer le processus de nomination.
Mardi, Morgan McSweeney, ancien chef de cabinet de Starmer, doit comparaître devant une commission parlementaire. Il avait initialement recommandé Mandelson pour le poste mais a depuis pris du recul.
Malgré une large majorité travailliste dans les Communes, Starmer aura besoin du soutien de nombreux députés de son propre parti pour faire échec à cette motion controversée.
Le Premier ministre a critiqué l'opposition pour ce qu'il appelle un "coup politique" dans un entretien sur Sky News, insistant sur la transparence du gouvernement et la promesse de rendre publics les documents relatifs à la nomination.
En septembre 2025, Starmer a limogé Mandelson suite à de nouvelles accusations concernant son amitié avec Jeffrey Epstein, décédé en prison. La police britannique a depuis ouvert une enquête sur Mandelson, soupçonné d'avoir commis des fautes lors de l'exercice de ses fonctions, notamment en transférant des documents sensibles à Epstein entre 2008 et 2010.
Le précédent Premier ministre à subir une enquête parlementaire, Boris Johnson, l’a fait durant le scandale du "Partygate", et a fini par démissionner de son siège parlementaire en 2023, juste avant la publication de conclusions désastreuses.







