Alors que le navire de croisière MV Hondius opéré par Oceanwide Expeditions est au large du Cap Vert, les autorités néerlandaises ont annoncé le rapatriement de deux de leurs ressortissants potentiellement infectés par le hantavirus. Ce virus, dont l'existence est confirmée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a causé la mort de trois passagers, incitant à une enquête sur les circonstances de ces décès.
Le cas avéré concerne un homme de 69 ans, hospitalisé en soins intensifs à Johannesburg, en Afrique du Sud, selon l'OMS. L’Organisation a souligné que des investigations sont menées pour déterminer les origines des décès et évaluer d'éventuelles infections parmi les passagers, qui s'élèvent à environ 170, accompagnés de 70 membres d'équipage.
Le hantavirus est une maladie virale généralement peu fréquente mais dont les conséquences peuvent s'avérer graves. Elle appartient à la famille des Bunyaviridae, se propageant principalement par les rongeurs. L'OMS indique que les humains peuvent contracter le virus par inhalation de particules fines contaminées ou par contact direct avec les excréments, l’urine ou la salive des animaux infectés.
Bien que la transmission de personne à personne soit rare, certains cas ont été observés, notamment en Amérique du Sud. Les symptômes de l'infection peuvent survenir entre une et huit semaines après l’exposition et incluent des symptômes grippaux, suivis, dans les cas graves, d'une détresse respiratoire aiguë, necessitant souvent une hospitalisation d'urgence.
Une infection relativement rare
Les complications sont nombreuses, entre autres un syndrome pulmonaire à hantavirus (HPS), qui apparaît généralement quatre à dix jours après l'apparition des premières manifestations, avec des symptômes comme la toux et des difficultés respiratoires. Les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) soulignent que, sans traitement adéquat, l'évolution vers une détresse respiratoire aiguë peut survenir rapidement.
Le 49e congrès national sur les maladies infectieuses en France a souligné l'importance d'un diagnostic précoce, surtout pour les cas d'atteinte rénale, qui peuvent également provoquer une fièvre hémorragique entraînant de graves complications.
Aucun traitement spécifique
Actuellement, il n'existe pas de remède spécifique contre cette maladie. La prise en charge médicale précoce, reliant soins intensifs et diagnostic rapide, améliore néanmoins les chances de survie des patients.
Un événement marquant de l’année passée ayant attiré l’attention sur le hantavirus a été la mort tragique de Betsy Arakawa, l'épouse de l'acteur Gene Hackman, confirmant la dangerosité du virus lorsque des analyses post mortem ont révélé qu'elle avait succombé à ce dernier.
L’OMS reste vigilante face à la situation, ayant récemment noté une recrudescence des cas en Amérique Latine, notamment en Argentine, où des épidémies de hantavirus avaient déjà été signalées dans le passé.
Malgré l'inquiétude générale, Hans Kluge, directeur régional Europe de l'OMS, a rassuré en précisant que le risque de propagation à bord du MV Hondius apparaît limité : "Le risque pour le public est faible et il n'y a pas lieu de céder à la panique", a-t-il déclaré.







