Marco Rubio, le secrétaire d'État américain, a déclaré mardi que la phase offensive contre Téhéran était désormais close. Malgré cela, il a précisé que l'armée américaine serait prête à reprendre ses « opérations majeures de combat » si l'Iran riposte aux escortes dans le détroit d'Ormuz.
« L’opération Fureur Épique est terminée, comme l’a signalé le président au Congrès. Nous avons passé cette étape », a affirmé Rubio lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. Il a ajouté que les États-Unis entraient dans une phase exclusivement défensive. « Nous ne frapperons pas en premier, mais si nous sommes attaqués, nous répondrons, » a-t-il précisé.
Le général Dan Caine, chef d'état-major américain, a cependant averti que les forces armées étaient prêtes à reprendre toute offensive significative contre l'Iran.
Dans la soirée, le président Donald Trump a également annoncé la suspension de l’opération « Project Freedom », qui visait à escorter des navires à travers le détroit stratégique. Toutefois, il a souligné que le blocus imposé sur les ports iraniens restait en vigueur.
« Suite à la demande de pays comme le Pakistan, et face aux succès militaires que nous avons remportés, nous avons décidé de suspendre temporairement le Projet Liberté pour évaluer la possibilité d'un accord avec Téhéran, » a déclaré Trump.
Toutefois, il a mis en garde l'Iran à la suite d'incidents maritimes et d'attaques contre les Émirats Arabes Unis attribuées à Téhéran.
« Ils savent ce qu'ils doivent faire et ce qu'ils ne doivent pas faire, » a-t-il ajouté, tout en évitant d'accuser explicitement l'Iran de violer la trêve établie depuis le 8 avril. Depuis le début du conflit, Téhéran contrôle désormais le détroit d'Ormuz, essentiel pour le trafic pétrolier international.
Retour sur l’opération Project Freedom
Pour tenter de résoudre cette crise qui impacte le marché pétrolier, Washington avait instauré un blocus des ports iraniens le 13 avril et lancé l'opération Project Freedom pour permettre à des centaines de navires coincés de traverser le détroit.
De son côté, l'Iran a réagi en menant des tirs de missiles et de drones sur des installations militaires américaines, qui ont été interceptés, selon le commandement américain (Centcom). Le pays a également été accusé d'attaquer les Émirats, une accusation qu'un haut responsable militaire iranien a niée.
Les Gardiens de la Révolution, la force militaire idéologique de l'Iran, ont quant à eux menacé de répondre avec fermeté à tout navire qui ne respecterait pas les règles de transit édictées par Téhéran. Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a insisté sur le fait que les États-Unis ne peuvent pas laisser l'Iran contrôler une voie maritime internationale.
Les tensions persistent, avec des échanges de menaces. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé Washington et ses alliés de compromettre la sécurité maritime dans la région. Malgré les dénégations de Téhéran, le Centcom a affirmé que deux navires marchands américains avaient traversé le détroit sous escorte militaire, signalant le succès de l'opération.
Le géant danois Maersk a également annoncé la sortie d'un de ses navires, accompagné de moyens militaires américains, qui était bloqué dans le Golfe depuis le début des hostilités. Téhéran accuse Washington d'avoir causé la mort de cinq civils durant ces échanges.
Une crise qui impacte le marché pétrolier
Le ministère des Affaires étrangères des Émirats a qualifié la situation d'« escalade dangereuse », notamment après une attaque de drone sur un site pétrolier à Fujaïrah.
Cette crise a influencé le marché pétrolier, avec le prix du baril de Brent s'établissant autour de 110 dollars, bien que cela ait baissé depuis le pic de 126 dollars atteint récemment. Les négociations entre l'Iran et les États-Unis demeurent au point mort depuis une rencontre à Islamabad le 11 avril.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a toutefois déclaré que son pays était prêt à dialoguer, tout en affirmant qu’il ne céderait jamais à la force, lors d'un échange téléphonique avec le Premier ministre irakien.







