Une enquête menée par le think tank Terra Nova révèle que, lors des élections municipales du 15 mars, 16 % des électeurs français ont eu recours à un outil d'intelligence artificielle générative pour leur choix de vote. Cette tendance, marquée par une utilisation plus importante chez les hommes, soulève des questions sur l'avenir du processus électoral.
Se basant sur un sondage réalisé par Toluna Harris Interactive auprès de 4 145 électeurs de communes de 3 500 habitants et plus, l'étude montre que 7 % des personnes interrogées ont vu leur décision confirmée grâce à l'IA, tandis que 5 % ont changé d'avis sous son influence. De plus, 4 % des répondants ont utilisé cet outil pour se décider totalement, indiquant un rôle plus actif de la technologie dans le débat public.
Pourtant, 11 % des Français disent avoir consulté un outil d'IA à des fins d'information durant la campagne, un chiffre bien en deçà des tracts (59 %), des professions de foi (57 %), des échanges avec leurs proches (47 %) et des réseaux sociaux (32 %). Cela souligne un usage encore marginal, mais en augmentation, selon RTL.
Un "recours minoritaire" mais une perspective d'avenir
Des disparités démographiques marquent aussi cette étude. Les hommes sont deux fois plus enclins à utiliser l'IA pour leur vote que les femmes (20 % contre 10 %), tandis que les jeunes de 18 à 24 ans affichent un usage de 35 %, par rapport à seulement 1 % chez les plus de 75 ans. De manière générale, l'utilisation est nettement plus présente en milieu urbain, atteignant 22 % dans l'agglomération parisienne contre 7 % en milieu rural.
Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique & Opinion de Toluna France, souligne que bien que cet usage soit encore minoritaire, sa présence pourrait s'accentuer lors de l'élection présidentielle à venir. "Une influence sur 5 % des électeurs peut avoir de fortes conséquences politiques."
Pour Lévy, la question cruciale ne réside pas tant dans l'utilisation de l'IA, mais dans sa conception, l'organisation de l'information qu'elle présente et les garde-fous mis en place pour en réguler l'impact.







