Un permis de construire pour un programme immobilier de 48 logements sociaux à Biars-sur-Cère suscite une vive polémique. Un groupe d'une vingtaine d'habitants a décidé de porter l'affaire devant le tribunal administratif de Toulouse, estimant le projet illégal sur plusieurs points. Le maire actuel, Didier Pouch, exprime lui-même son désaccord avec cette initiative, bien qu'il ne puisse pas s'y opposer directement.
La zone choisie pour cette construction se trouve étriquée entre des terres agricoles et le cœur historique de Biars-sur-Cère, avec ses maisons anciennes en colombages. Les opposants dénoncent une incohérence, étant donné que toutes les parcelles avoisinantes ont été classées en tant que zones naturelles ou agricoles lors de l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUIH). Pourtant, cette parcelle a bénéficié d'un statut constructible, ce qui interpelle Me Guillaume Faugère, avocat au barreau de Toulouse mandaté par le collectif de riverains. Selon lui, la méthode utilisée pour modifier le zonage paraît "très discutable".
Les habitants mettent également en avant des questions de sécurité routière. Les accès au futur ensemble résidentiel sont jugés dangereux, car trop étroits pour permettre le croisement de véhicules, créant ainsi un risque pour les enfants qui se rendront à l'école, a confirmé le maire.
Un projet alternatif, proposé par le promoteur immobilier et visant à réduire le nombre de logements, a été refusé par le collectif. Le statut du maire est délicat, car bien qu'il ne soit pas favorable au projet, il hérite d'une décision prise par l'ancienne municipalité.
Soumis à un véritable dilemme, le maire souligne qu'annuler le permis risquerait d'entraîner des compensations financières importantes pour la commune. Malgré les demandes des riverains, aucune réaction officielle de la mairie n'a eu lieu concernant le permis, obligeant le collectif à saisir la justice. En effet, le recours judiciaire a été officiellement déposé récemment et pourrait prendre entre douze et dix-huit mois avant d'être tranché.
Les tensions s'accroissent dans le village, où des banderoles dénonçant le projet fleurissent. Le sort de ce dossier reste maintenant entre les mains du tribunal administratif, ajoutant une dimension d'incertitude qui amplifie la frustration des habitants.







