Un rapport parlementaire met en lumière la crise des laits infantiles, conséquence de rappels massifs de produits liés à la présence potentielle de cérélulide, une toxine dangereuse pour les nouveau-nés. L'étude critique notamment la lenteur de communication des autorités, qui ont pris plus de deux semaines pour alerter les professionnels de santé.
Ce rapport dénonce les "lacunes" de l'État français et des producteurs, appelant à des mesures impératives pour éviter que de telles situations se reproduisent à l'avenir.
La crise a débuté en décembre 2025 lorsque Nestlé a rappelé des lots de lait infantile dans plusieurs pays en raison de cérélulide. D'autres industriels tels que Danone et Lactalis ont rejoint la vague de rappels jusqu'en février dernier, tous utilisant une huile riche en acide arachidonique (ARA) fournie par un même sous-traitant chinois.
Une communication "relativement tardive" pointée du doigt
Des familles et des associations se sont indignées face à la lenteur des rappels, générant des critiques acerbes à l’encontre de l'État. "La crise des laits infantiles révèle des lacunes qui doivent être prises en compte à l’avenir", expliquent les rapporteurs.
Mathilde Hignet, députée et co-rapporteure, souligne que Nestlé, informé de la contamination le 24 décembre, n’a alerté les autres industriels que le 30 décembre et les autorités françaises seulement le 5 janvier. Avec son co-rapporteur Michel Lauzzana, ils s'interrogent sur l'efficacité des contrôles du fournisseur chinois, évoquant un recours excessif à l'auto-contrôle par les industriels.
Les rapporteurs suggèrent qu’un rappel préventif de tous les lots contenant l'huile ARA aurait pu être bénéfique, tout en critiquant le délai de 17 jours pris par les autorités pour communiquer avec les professionnels de la santé.
Quatorze recommandations
Les répercussions sanitaires restent à évaluer. Bien que les autorités sanitaires aient signalé trois décès liés à la consommation de laits rappelés, la responsabilité de deux de ces cas a été écartée.
Pour prévenir de futures crises, les rapporteurs présentent quatorze recommandations visant à encadrer plus strictement les matières ajoutées comme l'huile ARA, à renforcer les contrôles indépendants financés par les industriels, et à améliorer les protocoles d'alerte en cas de problème alimentaire affectant les enfants.







