« L'ampleur et la rapidité » de la propagation du virus Ebola, dans l'est de la République démocratique du Congo, inquiète l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle redoute une épidémie qui pourrait perdurer.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) exprime de vives inquiétudes face à une épidémie d'Ebola, qui aurait déjà entraîné la mort de plus de 130 personnes au cours des dernières semaines dans l'est de la République démocratique du Congo, notamment dans la province d'Ituri, à proximité des frontières avec l'Ouganda et le Soudan du Sud. Lors d'une déclaration à Genève, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a fait part de sa « profonde préoccupation » concernant l'ampleur et la rapidité de la propagation du virus. Dimanche, l'OMS avait déjà déclaré une alerte sanitaire internationale.
« Je ne pense pas que cette épidémie sera terminée dans deux mois », a déclaré Anne Ancia, représentante de l'OMS en RDC, lors d'une conférence. Elle a rappelé qu'une épidémie précédente avait duré deux ans, et a souligné que l'efficacité de la réponse sanitaire serait cruciale pour contrôler cette crise. L'OMS a mobilisé plusieurs tonnes de matériel médical, incluant des tests et des équipements de protection individuelle, pour soutenir les zones touchées. La Croix-Rouge a également mis en place une réponse d'urgence à cette situation sanitaire critique.
Plus de 130 décès suspectés
D'après des informations fournies par le ministre de la Santé de la RDC, environ « 131 cas de décès » et « 513 cas suspects » ont été comptabilisés. Toutefois, il a précisé que tous ces décès ne sont pas nécessairement imputables au virus, étant donné le peu d'échantillons validés en laboratoire.
La République démocratique du Congo, ayant déjà affronté dix-sept épidémies depuis la découverte du virus en 1976, possède une expérience substantielle dans la gestion de cette maladie hautement contagieuse, qui provoque une fièvre hémorragique. Cependant, contrairement à la souche Zaïre, qui est la plus courante et virulente, le variant Bundibugyo, actuellement en circulation, ne dispose ni de vaccin ni de traitement approprié, affichant un taux de mortalité alarmant de 30 à 50 %. L'OMS a annoncé qu'elle serait en train d'explorer les options de vaccins et traitements disponibles pour endiguer cette épidémie.
En outre, un cas a été rapporté en Ouganda, avec un médecin américain ayant contracté le virus après avoir soigné des patients. Il sera transféré en Allemagne pour recevoir des soins spécialisés.
Les autorités sanitaires des États-Unis ont également pris des mesures, en instaurant des contrôles de santé aux aéroports pour les voyageurs en provenance de la RDC, de l'Ouganda et du Soudan du Sud, tout en évaluant le « risque faible pour la population américaine ». Il est à noter qu'environ 15 000 personnes ont perdu la vie en Afrique suite aux différentes souches d'Ebola depuis 1976.







