Les députés ont adopté mercredi 20 mai, en première lecture, le premier article du projet de loi d'urgence agricole. Ce texte vise à soutenir des « projets d’avenir » tout en soulevant des interrogations sur leur financement.
Le 20 mai 2026, les députés ont voté en faveur du premier article du projet de loi d’urgence agricole, qui prévoit d’encadrer de nouveaux « projets d’avenir » visant à « renforcer la souveraineté alimentaire » de la France, en particulier dans les secteurs où « l’autoapprovisionnement » est jugé insuffisant.
Concrètement, cet article introduit un système de labellisation pour les projets, qui bénéficieront « d’une priorité dans l’accompagnement, notamment financier, par l’État et les collectivités territoriales ». Cette priorité sera accordée « en tenant compte de l’objectif de souveraineté alimentaire nationale », notamment en fonction de « la dépendance aux importations ». Les engagements pourront se faire « par voie contractuelle », précise le texte. La députée socialiste Mélanie Thomin a soutenu que la contractualisation peut aider à « sécuriser les exploitations » et « partager le risque entre les différents acteurs ».
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a mentionné que soixante-quinze projets envisageables avaient d'ores et déjà été identifiés, « comme un projet de relance de la tomate d’industrie, dont la France dépend largement des importations ».
Ces projets seront sélectionnés par des « comités de pilotage régionaux », dirigés par le préfet de région et le président du conseil régional, avec la participation de la chambre régionale d’agriculture. Les députés ont également inclus une représentation des syndicats agricoles dans ces instances. Ces comités doivent être l'écho législatif des « conférences de la souveraineté alimentaire » initiées en décembre, où chaque filière élabore un plan décennal pour « reconquérir » les marchés.
Des incertitudes persistent sur le financement
Mais la question cruciale du financement de ces initiatives demeure. Interrogée à ce sujet, Annie Genevard a indiqué que les financements pourraient provenir de crédits européens, régionaux, nationaux ou d'investisseurs privés. « Ce sont des ressources qu’il faudra aller chercher, cela sera une des missions des Régions. » Aurélie Trouvé (LFI) a alors réagi en insistant sur le fait que « vous confirmez qu’il n’y a aucun budget associé à ces projets », dénonçant une « coquille vide ».
Le vote final sur l’ensemble du projet de loi est prévu pour le 2 juin à l'Assemblée nationale.
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