Vêtus de costumes colorés et arborant des jupes de plantes, des milliers de Cambodgiens ont célébré, jeudi, le festival Pring Ka-Ek. Cet événement ancestral est une occasion de prier pour la pluie, la prospérité des récoltes et la paix avec la Thaïlande, leur voisin.
Le village de Phum Boeung, situé dans les environs de Phnom Penh, a résonné toute la journée au rythme de la musique traditionnelle. Les habitants, notamment des hommes et des enfants, se peignaient les torses en noir, symbole de leur engagement spirituel.
Au cœur du sanctuaire, après avoir allumé des bâtons d'encens et fait des offrandes de fruits, de plats et même de boissons gazeuses, les villageois ont intégré une dimension géopolitique à leurs prières. "J'ai prié Lok Ta, l'esprit protecteur, pour que notre Cambodge ne soit pas en guerre avec la Thaïlande", confie Ath Srey Oun, une jeune femme de 22 ans, à l'AFP.
Les relations entre le Cambodge et la Thaïlande sont marquées par des tensions historiques concernant la délimitation de leur frontière de 800 kilomètres, façonnée par le passé colonial français. L'année dernière, ces tensions se sont intensifiées, menant à des affrontements armés qui ont fait de nombreuses victimes et entraîné le déplacement de centaines de milliers de personnes, comme le rapportent plusieurs médias locaux.
Sean Theam, l'un des organisateurs de ce festival séculaire, souligne l'importance de la paix : "Les guerres n'apportent que destruction et séparation." Une notion qui résonne particulièrement dans un pays où la majorité des habitants vivent en milieu rural et dépendent des saisons des pluies pour irriguer leurs rizières.







