La consommation d’additifs alimentaires, dont certains colorants et conservateurs, est associée à un risque accru de maladies graves, selon des recherches récentes.
Des études menées par Sanam Shah et Anaïs Hasenböhler, sous la supervision de l’épidémiologiste Mathilde Touvier à l’Inserm, révèlent que la consommation de certains additifs est liée à un risque accru de cancer, de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. Les travaux, fondés sur l’analyse d’une vaste cohorte française de plus de 100 000 participants, ont été publiés dans des revues aussi respectées que Diabetes Care et European Heart Journal.
Ces recherches soulignent l'importance d'éclairer les politiques publiques concernant l'alimentation. Mathilde Touvier a indiqué que, bien que ces études ne puissent prouver un lien direct de cause à effet, elles renforcent un corpus déjà soutenu par de nombreuses autres recherches. "Sur 104 études sur les aliments ultratransformés, 93 constatent des effets nocifs très cohérents sur la santé", a-t-elle affirmé.
il faut agir « sur le plan de la santé publique »
Les résultats montrent, pour la première fois, que les individus qui consomment le plus de colorants alimentaires courent un risque accru de diabète de type 2 (+ 38 %) et de cancers, y compris le cancer du sein (+ 21 % en général et jusqu’à + 32 % pour les femmes post-ménopausées). De même, ceux qui consomment beaucoup de conservateurs tels que le sorbate de potassium (E202) présentent un risque d’hypertension accru de 24 % et un risque cardiovasculaire de 16 %.
Ces résultats, présentés lors d’une conférence de presse, sont d’autant plus alarmants que la Niche Santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) commence à reconnaître la nécessité d'agir sur ces questions. « Les preuves deviennent de plus en plus indiscutables, et les recommandations doivent être mises à jour en conséquence », prévient l’expert en santé publique Jean-Pierre Lemaire.
Les ONG comme Foodwatch réclament également une réforme immédiate en interdisant des additifs comme les nitrites et l’aspartame, qui sont suspectés d’être cancérogènes. « Cela fait des années que nous alertons sur ces dangers, et il est temps que les décideurs prennent des mesures », déclare un porte-parole de l’ONG.
Ces nouvelles études renforcent ainsi l'appel à limiter l'exposition du public à des additifs non essentiels et à favoriser une alimentation moins transformée, comme le recommande le Programme national Nutrition santé.







