Dans le cadre de sa stratégie militaire, le gouvernement russe a récemment intensifié ses efforts de recrutement sur les campus universitaires. Alors que la guerre en Ukraine se prolonge, des dizaines d'établissements d'enseignement supérieur voient des étudiants poussés à s'engager dans les unités de drones, remettant en question l'éthique et la sécurité des jeunes adultes concernés.
Début mars, un étudiant a tragiquement trouvé la mort en Ukraine après avoir signé un contrat avec le ministère de la Défense. La mère d’un étudiant, Oksana Afanassieva, relate : "Mon fils s'est engagé malgré des doutes sur sa santé mentale. Il a suivi une formation de quelques mois et s'est ensuite retrouvé en première ligne dans un contexte de violence extrême." Son récit est symptomatique d'une tendance alarmante où les jeunes sont recrutés sans préparation suffisante.
Selon une enquête du média d’opposition Groza, près de 270 universités participent à cette campagne de recrutement. Les méthodes employées varient : tandis que certaines institutions se contentent de promouvoir le service militaire lors d’événements, d'autres exercent une pression plus directe sur les élèves, menaçant d'exclusion pour ceux qui refusent de s'engager.
Timour Touhvatouline, juriste au sein du syndicat Molnia, indique que les étudiants sont souvent manipulés. "Nous avons reçu plusieurs centaines de cas où la menace d'exclusion a été latente. Des promesses de salaires attractifs et de congés universitaires sont faites, mais très peu d'étudiants semblent vraiment intéressés par cette voie,” explique-t-il.
“Les promesses de sécurité et d'engagement limité ne reflètent pas la réalité. En réalité, une fois le contrat signé, la situation devient précaire pour l'étudiant,” ajoute-t-il. Lors de réunions organisées sur certains campus, aucun étudiant ne se manifestait lorsque la question de servir volontairement était posée. Le sentiment général était loin de l'enthousiasme; ils subissaient simplement une pression administrative supplémentaire.
Des révélations indiquent qu'il existe des quotas stricts de recrutement. "En règle générale, chaque université doit recruter quelques dizaines d'étudiants, mais ces objectifs ne sont pas atteints car la majorité des étudiants restent réticents à l'idée de signer de tels contrats,” conclut Touhvatouline. À une époque où l'enseignement supérieur devrait inciter à l'épanouissement, la militarisation des universités pose de sérieuses questions éthiques et morales sur l'avenir de ces jeunes adultes.







