Alors que les discussions de paix entre les États-Unis et l'Iran se précisent, le coût de la guerre déclenchée par les tensions en la région suscite de vives inquiétudes.
Thierry Breton, ancien commissaire européen, a récemment décrié les impacts économiques de ce conflit, déclarant que le monde en subirait le poids. "Nous payons un lourd tribut", a-t-il noté, indiquant que la guerre aurait déjà entamé de 0,8 à 0,9 % la croissance mondiale, entraînant des conséquences dramatiques sur les économies les plus vulnérables, notamment en Afrique. Ses propos, rapportés par BFM TV, suscitent des interrogations quant à leur véracité.
Pourtant, les prévisions des institutions financières varient. La Banque mondiale, par exemple, anticipe une baisse de 0,1 point de pourcentage dans ses prévisions de croissance pour 2026, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) évoque un recul plus sévère de 0,3 point de pourcentage. "Sans la guerre, la croissance mondiale aurait connu une révision à la hausse pour atteindre 3,4 %", affirment les experts du FMI.
Une analyse plus pessimiste émerge du Global Peace Index, qui envisage deux scénarios : la réouverture du détroit d'Ormuz, entraînant une baisse de 0,6 point, ou une prolongation de la guerre, pouvant causer une chute de 1,5 point de pourcentage dans la croissance mondiale. En chiffres, cela représente une perte potentielle allant de 1 000 à 3 000 milliards d'euros.
Entre deux et treize milliards d'euros de croissance en moins en France
Sur le plan national, la Banque de France a abaissé ses prévisions de croissance pour 2026, passant de 1 % à seulement 0,5 %. Selon ses estimations, la guerre en Iran pourrait donc réduire la croissance française de manière significative, d'environ 0,5 point de pourcentage.
"L'augmentation des prix du pétrole et une faiblesse de l'activité économique plus marquée que prévu expliquent ce réajustement", a précisé la Banque de France. Emmanuel Moulin, le nouveau gouverneur, a cependant rassuré en affirmant que "la France ne devrait pas entrer en récession", même si le climat international reste instable.
d'autres prévisions, notamment celles du gouvernement et de la Commission européenne, évoquent une baisse plus modérée de 0,1 point de pourcentage.
En rapportant ces chiffres au PIB de 2025, soit 2 646,7 milliards d'euros selon l'Insee, la guerre en Iran pourrait coûter à la croissance française entre deux et treize milliards d'euros en 2026.
Les pays d'Afrique encore plus fragilisés
La situation en Afrique est d'autant plus alarmante. Thierry Breton a alerté sur le fait que cette guerre aurait des "répercussions dramatiques" sur les économies déjà fragiles de cette région, où l'augmentation des coûts énergétiques et l'inflation exacerbent la crise alimentaire. Des pays comme le Soudan, Madagascar et plusieurs nations d'Afrique subsaharienne se retrouvent dans une situation critique.
Cependant, les pays directement impliqués dans le conflit, comme l'Iran et Israël, ainsi que ceux du Golfe, ressentiront l'impact économique le plus significatif, selon les prévisions du GPI.







