Le mercredi 17 juin, la Cisjordanie a été le théâtre d'un acte violent sans précédent : des colons israéliens ont mis le feu à deux mosquées, illustrant une escalade alarmante des tensions dans la région. Selon des responsables palestiniens et des journalistes de l'Agence France-Presse (AFP), les attaques se sont produites dans le village de Jiljiliya, où des inscriptions en hébreu laissant entendre des messages de vengeance ont été retrouvées sur les murs calcinés.
Contactée par l'AFP, l'armée israélienne, responsable de l'occupation de la Cisjordanie depuis 1967, a exprimé sa condamnation des actes de violence, tout en annonçant l'ouverture d'une enquête. Toutefois, beaucoup s'interrogent sur l'efficacité de ces promesses face à une répétition de tels incidents, qui mettent en évidence la persistance de l'extrémisme au sein de certains groupes de colons, soutenus par des éléments de l'extrême droite israélienne.
Des actes répétés de vandalisme
Les événements se déroulent dans un climat de violences chroniques. Ossama Abdoullah, porte-parole du conseil de Jiljiliya, a décrit comment un groupe de colons a saccagé la salle d’ablutions et a attaqué la principale mosquée du village, causant des dommages visibles. Il a souligné que ce genre d'attaques est devenu une triste normalité en Cisjordanie, où des marques d'extrémisme se multiplient.
Dans un autre incident, au village d’al-Mazraa al-Noubani, un cocktail Molotov a été lancé sur la mosquée al-Farouk Omar ibn al-Khattab. Le maire, Saad Dagher, a rapporté que les assaillants avaient tenté d'incendier la mosquée, mais qu'ils avaient été repoussés par les habitants du village.
Les réactions se multiplient
Les autorités palestiniennes, notamment le ministère des Affaires religieuses, ont qualifié ces actes de « dangereuses agressions » et appellent la communauté internationale à intervenir. Le Hamas a dénoncé ce qu'il désigne comme un « terrorisme organisé » et exhorte à un renforcement des actions de résistance contre ces agressions.
La situation dans la région reste préoccupante, notamment avec les statistiques alarmantes publiées par le Bureau de l'ONU pour les affaires humanitaires (Ocha), évoquant plus de 1 000 Palestiniens tués dans des violences liées aux colons israéliens depuis le 7 octobre 2023. Le rythme des attaques a atteint un niveau record, avec une moyenne de six incidents par jour.
Dans ce contexte tumultueux, le rôle des autorités israéliennes, notamment face à l'augmentation de l'extrémisme parmi les colons, est remis en question. La communauté internationale doit-elle revendiquer davantage d'actions concrètes pour protéger les lieux de culte et les droits des Palestiniens ? Les prochaines semaines seront cruciales pour mesurer l'évolution de cette grave situation.







