Abelardo de la Espriella a été officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle en Colombie mercredi par l'autorité électorale, peu après que son adversaire de gauche a reconnu sa défaite au cours d'un scrutin historique marqué par une participation record.
Le Conseil national électoral (CNE) a comptabilisé 12.960.166 voix pour le candidat de droite de 47 ans, avocat et chef d'entreprise, contre 12.708.312 pour le sénateur de gauche de 63 ans, défenseur des droits humains.
"Je reconnais le résultat de ce processus électoral qui établit qu'Abelardo de la Espriella est le nouveau président de la République", a déclaré Iván Cepeda lors d'une conférence de presse. Ce dernier avait initialement exprimé des doutes sur la légitimité des résultats.
Cepeda, soulignant l'importance d'une coexistence pacifique, a précisé : "Je le fais pour favoriser la paix et le dialogue entre les Colombiens", après des manifestations parfois violentes entre ses partisans et les forces de l'ordre à Bogotá et Cali.
Gustavo Petro, premier président de gauche de l'histoire colombienne, a exprimé des préoccupations quant à des anomalies supposées dans le fonctionnement du système électoral, avançant même des allégations d'interférence des États-Unis, suite au soutien public de Donald Trump à De la Espriella.
Néanmoins, le CNE a assuré que le dépouillement final concordait à 99,9% avec les précomptes initiaux, un constat confirmé par la mission d'observation électorale de l'Union européenne, qui a écarté toute irrégularité.
- Un virage à droite sous l'ombre de Trump -
De la Espriella, entrepreneur à la rhétorique tranchée contre la gauche, promet de mener une lutte sans relâche contre le crime organisé, tout en adoptant une politique économique ultralibérale. "Nous nous tenons prêts à envisager une résistance non violente si nécessaire", a mis en garde Cepeda, soulignant les dangers d'une potentielle dérive autocratique.
Son bureau a précisé que le nouveau gouvernement garantira le droit à l'opposition politique et aux manifestations pacifiques.
Cette victoire représente un nouvel exploit pour l'agenda politique de Donald Trump en Amérique latine, où plusieurs nations, dont l'Argentine et le Chili, signalent un changement vers des politiques conservatrices.
La Colombie, en tant que premier producteur mondial de cocaïne, se voit d'ores et déjà engagée dans des initiatives radicales sous le leadership de De la Espriella, qui promet l'éradication chimique des cultures de coca, en collaboration avec les États-Unis.
Le président élu a également évoqué des projets d'augmentation de la cooperation sécuritaire avec Israël, rétablissant ainsi des relations diplomatiques rompues sous Petro, qui avait suspendu des échanges militaires avec l'État hébreu.
Enfin, certains experts craignent une intensification de la violence en raison des politiques rigoureuses envisagées, surtout dans un pays qui lutte depuis plus de 60 ans contre des groupes armés et des cartels. La mise en œuvre de ces promesses reste incertaine, alors que le groupe parlementaire de gauche possède encore une influence considérable.







