Trois jours après les séismes tragiques survenus au Venezuela, le nombre de victimes continue de croître de manière alarmante. Le bilan s'élève désormais à 1.430 morts et plus de 50.000 disparus, tandis que l'aide humanitaire internationale commence à affluer.
"En principe, les corps sont retrouvés sans vie, mais, par miracle, nous parvenons parfois à retrouver des survivants", explique un secouriste salvadorien à Playa Grande, une ville côtière proche de Caracas.
Les secousses sismiques de magnitude 7,2 et 7,5, survenues mercredi, ont ravagé le nord du pays, causant l'effondrement de nombreux bâtiments, particulièrement à La Guaira.
Jorge Rodriguez, président de l'Assemblée nationale, a déclaré que le nombre de blessés s'élevait à 3.238. À Genève, Tom Fletcher, responsable de l'aide humanitaire de l'ONU, a averti que le bilan pourrait encore s'alourdir, qualifiant l'opération de secours d'"extrêmement complexe".
"Il est vivant", affirme Barbara Palacios, 34 ans, en larmes, en espérant retrouver son mari, Jonathan Suarez, coincé sous les décombres d'un petit hôtel à La Guaira. Malgré son agonie, après presque 72 heures, les secours n'ont toujours pas réussi à localiser son épouse. Barbara et d'autres proches, désespérés, ont même bloqué une route principale pour attirer l'attention sur la situation.
Luis Flores, un commerçant de 54 ans, participe activement aux efforts de sauvetage. "C'est un travail physique intense, mais nous avons réussi à extraire quatre survivants, dont une petite fille, ainsi que trois corps", raconte-t-il, soulignant le manque de ressources.
"La plupart des sauveteurs sont des habitants travaillant avec des outils rudimentaires", rapporte Craig Demeillon, un secouriste australien basé à Miami, sur la nécessité d'une assistance organisée.
Les Vénézuéliens expriment leur frustration face à l'absence d'aide gouvernementale. Des volontaires ayant amené des pelles pour aider à déblayer les débris ont vu leur accès à la zone la plus touchée entravé par l'administration. "Il faut un permis pour sauver des vies, c'est insensé !" s'indigne Carlos Itriago, secouriste.
Face à des hôpitaux débordés, ce sont souvent des familles qui doivent s'occuper de transporter leurs morts. Yessica Mendoza a emmené sa fille à la morgue car "le système est débordé" et témoigne de la situation critique dans les établissements de santé.
Cependant, l'aide internationale commence à se mettre en place. Plus de 72 heures après les séismes, des équipes de secours de 17 pays sont présentes pour aider, alors que le système de santé du pays est déjà en crise. Une piste de l'aéroport de Caracas a été rouverte pour accueillir des avions transportant de l'aide humanitaire, selon des sources américaines.
Les États-Unis ont déployé près de 250 secouristes au Venezuela, comme l'a précisé le département d'État, tandis que le président français, Emmanuel Macron, a également annoncé l'arrivée de sauveteurs français sur place.
Les Nations unies estiment que près de sept millions de personnes ont été touchées par cette catastrophe, avec des dommages évalués à environ sept milliards de dollars, soit l'équivalent de 6% du PIB du pays. Le président salvadorien, Nayib Bukele, continue de relayer sur les réseaux sociaux des actions de secours réussies pour maintenir l'espoir.
Près de 28 nationalités sont désormais comptées parmi les morts, et la présidente Delcy Rodriguez a été accueillie par des huées lors de visites dans les zones touchées. Ces séismes, les plus dévastateurs au Venezuela depuis 1900, ont également été ressentis jusqu'en Colombie et au Brésil, et des centaines de répliques continuent de secouer la région.







