Lors d'une récente interview accordée à NBC, le président des États-Unis a esquissé une vision pour l'avenir du Venezuela. Bien qu'il ait affirmé que son administration était « aux commandes », ses engagements demeurent flous. Cette situation est d'autant plus compliquée par l'affirmation de Delcy Rodríguez, nouvellement investie comme présidente par intérim, qui semble prendre ses distances avec Washington.
Depuis sa prise de fonction, Delcy Rodríguez a multiplié les signes d’une autonomie qui laissent penser que l'influence américaine pourrait être plus limitée qu'escompté. Selon des analystes de l’institut international de relations, son indépendance pourrait sérieusement entraver les plans des États-Unis pour la région.
Trump a affirmé qu’organiser des élections rapides était irréaliste : « On doit d’abord réparer le pays », a-t-il clairement déclaré. Il a souligné la nécessité de remettre en état les infrastructures avant de pouvoir envisager un retour à la démocratie. La majorité des vénézuéliens, tout en souhaitant un changement de pouvoir, ne souhaitent cependant pas être perçus comme étant sous domination américaine, comme l'indique un sondage récent du Parisien.
Le président a également mis l'accent sur le retour des compagnies pétrolières américaines comme un élément essentiel de sa stratégie. Toutefois, des experts estiment que les infrastructures pétrolières pourraient nécessiter plus d'un an et demi de rénovation. Le coût de cette opération devrait être considérable, et il n'existe aucune garantie que ces investissements soient rentables, surtout face à l'incertitude politique actuelle et au coût élevé de l'extraction du pétrole lourd, comme l'a rapporté l'Agence France-Presse.
Malgré cela, Trump semble optimiste : « Je pense qu’on peut le faire en moins de temps », a-t-il ajouté. Son approche, probablement motivée par des motivations économiques, pourrait se révéler être un « cadeau empoisonné » pour les sociétés américaines, confrontées à une instabilité permanente. Comment les entreprises vont-elles réagir face à ce contexte instable demeure une question sans réponse.
Trump a également pris soin de préciser qu'il ne s'engageait pas dans une guerre contre le Venezuela, mais plutôt dans une lutte contre le trafic de drogue, une position qui soulève des scepticismes chez certains analystes. Si son administration continue de focaliser son attention sur la situation vénézuélienne, il est probable que des membres influents de son équipe, comme Marco Rubio et JD Vance, dirigeront les efforts sur le terrain.
Dans l’ensemble, la stratégie de Trump envers le Venezuela semble incomplète et toujours en évolution, laissant planer des doutes tant sur la viabilité des propos présidentiels que sur l’engagement des États-Unis dans cette crise complexe.







