Huit jours après l'incendie catastrophique de Crans-Montana, en Suisse, qui a coûté la vie à 40 personnes et blessé 116 autres, l'enquête judiciaire prend un tournant décisif. Au cœur de l'affaire, la responsabilité des autorités locales, la réaction du procureur et la colère des familles endeuillées, alors que les propriétaires du bar Le Constellation sont également sous le feu des projecteurs.
La mairie sous le feu des critiques
Depuis l'incendie, la question de la responsabilité de la commune s'est intensifiée. Lors d'une conférence de presse, le maire Nicolas Féraud a reconnu des manquements graves. "Les inspections périodiques n'ont pas été réalisées entre 2020 et 2025", a-t-il déclaré, admettant des négligences qui pourraient avoir contribué au drame. Ces propos ont alimenté la détermination des avocats représentant les victimes. Maître Sébastien Fanti a annoncé son intention de porter plainte non seulement contre les propriétaires du bar, mais également contre des responsables municipaux, affirmant que "tout le monde se connaît ici", ce qui pourrait compromettre l'intégrité de l'enquête.
Les familles de victimes réclament justice
Les familles des victimes se montrent de plus en plus mécontentes face à la lenteur de l'enquête. L'avocat Romain Jordan a exprimé ses inquiétudes concernant l'absence de perquisitions et a souligné la nécessité de récolter des preuves tangibles pour bien comprendre le déroulement des événements. Il craint que certaines preuves pourraient être altérées, une préoccupation partagée par d'autres avocats. Le procureur n’ayant pas effectué les perquisitions nécessaires pour rassembler des emails et des notes de service, les proches des victimes commencent à remettre en question la compétence de l’équipe en charge de l’enquête.
Le rôle controversé du procureur Beatrice Pilloud
Les familles des victimes portent une attention particulière au travail du procureur Beatrice Pilloud. Sa gestion de l'enquête soulève des critiques de laxisme et d'incompétence. Nommée il y a deux ans, son observation à travailler uniquement sur la communication, tout en laissant quatre procureurs gérer l'enquête, ne rassure pas les familles. Alors que le public se demande pourquoi le couple de gérants du bar n'a pas été placé en détention provisoire, la frustration monte parmi ceux directement touchés par la tragédie.
Profil troublant des propriétaires du bar
Le couple de propriétaires du bar, Jacques et Jessica Moretti, fait face à une enquête pour "homicide par négligence". Leurs antécédents compliquent la situation : Jacques Moretti a déjà été condamné pour des activités illégales en France, notamment des affaires de proxénétisme. Son parcours soulève des questions sur la provenance de son argent et sa capacité à gérer un établissement en toute légalité. Selon des sources locales, il aurait acquis plusieurs propriétés sans recours à des hypothèques, une situation atypique qui alimente des soupçons concernant la transparence de ses opérations.
Dans une ville où les relations personnelles peuvent influencer le cours des affaires, l'enquête sur cet incendie tragique pourrait ouvrir une boîte de Pandore sur des pratiques douteuses qui pourraient ébranler la communauté de Crans-Montana dans les mois à venir.







