INFO LE PARISIEN. Le député des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, est actuellement auditionné dans les locaux de l’office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre. Cette audition fait partie d’une enquête préliminaire qui a été ouverte en mai 2025 par le parquet de Nice, portant sur des soupçons de fichage illégal.
Les investigations, qui impliquent à la fois l’OCLCIFF et la police judiciaire (PJ) de Nice, s’intéressent à l’enregistrement et à la conservation de données personnelles sensibles, et ce, sans consentement des individus concernés. La situation a été mise en lumière par Libération, qui a révélé que plusieurs fichiers utilisés par Ciotti contenaient des informations sur l’appartenance religieuse, ethnique, ainsi que sur la situation financière et patrimoniale des personnes répertoriées.
Un fichage inédit et problématique
Un lanceur d’alerte, dont l’identité reste confidentielle, a alerté le parquet le 16 mai sur ces agissements, conformément à l’article 40 du code de procédure pénale qui impose de signaler aux autorités toute activité illégale. Les fichiers en question, qui étaient consultables par Nice-Matin, se présentent comme des documents Excel détaillant des centaines de personnalités influentes de la Côte d’Azur.
Certaines entrées très controversées incluent des mentions telles que « confession juive », « communauté arménienne » et même des indications sur le handicap de certaines personnes, telles que « non voyant » ou « sourd ». Ce type d’enregistrement n’est pas seulement une violation de la vie privée, mais soulève également des questions éthiques majeures.
L'audition d'Éric Ciotti pourrait ainsi approfondir cette enquête déjà bien avancée, notamment après les perquisitions réalisées au conseil départemental des Alpes-Maritimes, là où Ciotti a exercé des fonctions de président de 2008 à 2017. Les autorités, selon les rapports, auraient saisi plusieurs matériels informatiques liés à ces affaires. Des proches de Ciotti ont également été convoqués.
Ce scandale alimente une rivalité déjà bien ancrée entre les figures de la droite locale, notamment entre Éric Ciotti et Christian Estrosi, le maire de Nice. Ce dernier, après avoir été informé des fichiers litigieux, a qualifié ces pratiques de « ignobles et dangereuses », soulignant l'impact négatif sur la confiance publique envers les élus. De plus, le nom d'Estrosi apparaît, accompagné d’un point d’interrogation, dans certains de ces fichiers, ce qui pourrait avoir des répercussions politiques importantes.
Interrogé sur son audition, le parquet de Nice a refusé de commenter, tandis que l'entourage de Ciotti n'a pas donné suite aux sollicitations de notre rédaction. Cette affaire sera à suivre de près, alors que les échéances électorales se rapprochent.







