L'armée syrienne a intensifié ses bombardements sur le quartier de Cheikh-Maqsoud à Alep, malgré l'annonce d'un cessez-le-feu. Ce dernier a été violemment contourné, entraînant des affrontements meurtriers qui ont déjà causé la mort d'au moins 21 civils depuis mardi. Des sources locales rapportent que les civils, pris dans ce tourbillon de violence, sont contraints de fuir, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux réfugiés signalant une vague de déplacements qui affecte près de 30,000 familles.
Initialement, un cessez-le-feu avait été proposé par le gouvernement, avec des annonces de voies d'évacuation pour les combattants kurdes, qui ont catégoriquement refusé de se rendre. Ils ont plutôt affirmé leur intention de défendre leurs quartiers, une position qui a immédiatement provoqué une reprise des attaques de l'armée syrienne. Les autorités ont depuis annoncé le début d'opérations de ratissage pour traquer les résistants, tandis que les tensions continuent d'escalader.
Des témoins évoquent des scènes de désespoir alors que des familles fuient sous une forte pluie, emportant leurs few biens. "C'est alarmant de voir tant de gens quitter leur maison, déclare une habitante. Nous avons peur de ce qui va se passer ensuite."
Couloirs humanitaires : un espoir fragile
Des couloirs humanitaires ont été ouverts quelques heures pour permettre à ceux qui le souhaitent de fuir le conflit. Toutefois, les Kurdes ont dénoncé des bombardements incessants sur le quartier qu'ils contrôlent, tandis que le gouvernement accuse les forces kurdes de mener des attaques avec drones sur des zones civiles d'Alep.
De son côté, le ministère français des affaires étrangères a exprimé des préoccupations croissantes sur la situation, appelant à un retour immédiat au cessez-le-feu et à la protection des civils. "Il est vital que toutes les parties facilitent l'accès à l'aide humanitaire," souligne un communiqué officiel.
Un accord sur des bases fragiles
Les combats actuels prennent place dans un contexte d'incertitude politique. Les autorités syriennes tentent de réintégrer les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui représentent une importante partie de la population kurde, dans le nouvel État. Elham Ahmed, responsable des relations extérieures de l’administration kurde, a déclaré que malgré les attaques, les Kurdes restent déterminés à respecter les accords passés avec Damas.
Alors que la situation se dégrade, des experts estiment que l'équilibre déjà fragile entre Damas et les FDS est de plus en plus menacé par cette escalade. "Le recours à la force militaire pour résoudre les différends montre une dérive inquiétante vers des solutions violentes," affirme Nanar Hawach, analyste chez l’International Crisis Group. Les tensions ethniques persistent, sur fond de violences récurrentes dans le pays, notamment envers d'autres communautés comme les Alaouites ou les Druzes.
Face à cette situation, les États-Unis continuent de jouer un rôle de médiateur, et des sources diplomatiques indiquent que l'émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, se rendra prochainement à Damas dans l'espoir de trouver des solutions durables à cette crise aiguë.







