Les gérants du bar « Constellation », Jacques et Jessica Moretti, ont été réinterrogés vendredi par les enquêteurs dans le cadre de l'incendie tragique survenu lors de la nuit du Nouvel An à Crans-Montana. Cet incident a déjà causé 40 décès et a blessé 116 personnes, dont de nombreux cas graves.
Actuellement sous le coup de plusieurs accusations, dont l'homicide par négligence, le couple de gérants a confirmé avoir été présent lors des événements tragiques. Jessica Moretti raconte que le 31 décembre, elle était arrivée au bar vers 22h30, tandis que son partenaire surveillait un autre établissement.
Au départ, la soirée semblait se dérouler tranquillement. Cependant, lorsque les clients ont commencé à consommer des bouteilles décorées de feux de Bengale, la situation a pris une tournure fatale. Selon les déclarations, Jessica a constaté les premiers signes de l'incendie après avoir vu une lumière orange. Elle a immédiatement demandé l'évacuation des lieux, contactant les services d'urgence peu après.
Jacques Moretti a tenté d'accéder au bar par une porte de service, mais a dû la forcer. À l'intérieur, il a retrouvé plusieurs personnes inanimées. "Nous avons tenté de les sortir et de leur porter secours en pratiquant des manœuvres de réanimation", a-t-il déclaré lors de son audition, ajoutant qu'il restait sur les lieux jusqu'à l'arrivée des secours.
Les enquêteurs se sont également penchés sur l'utilisation des feux de Bengale, que Jacques a défendus comme une pratique sécuritaire utilisée depuis une décennie. Pourtant, il a admis que cela pourrait avoir contribué à l'incendie. Les serveuses, qui apportaient les bouteilles avec ces accessoires, ne prenaient pas toujours les précautions nécessaires, ce qui soulève des questions sur les pratiques de sécurité du personnel.
De plus, Jacques a reconnu qu'ils avaient seulement subi "deux ou trois" contrôles de sécurité dans les dix dernières années, sans qu'aucune modification n'ait été exigée pour améliorer la sécurité de l'établissement. Malgré la présence d'extincteurs, l'absence d'un système automatisé a été critiquée par des experts en sécurité.
Les gérants, visiblement affectés par le drame, ont exprimé leur chagrin face à la perte de vies humaines. "Je me sens responsable de ne pas avoir su protéger mes clients", a affirmé Jacques, tandis que Jessica a décrit cet événement comme le "drame de sa vie". Leur douleur était palpable, surtout en pensant à Cyane Panine, la serveuse tragiquement décédée, avec qui ils avaient partagé les fête de Noël.
À l'issue de l'audition, Jacques Moretti a été placé en détention préventive, tandis que Jessica a été libérée avec des excuses auprès des victimes. Un sentiment d'indignation grandissant pèse sur la communauté, qui attend des réponses claires sur les responsabilités évoquées dans cette tragédie. Des autorités locales envisagent de renforcer les régulations de sécurité dans les établissements similaires à la suite de cet incident dévastateur.







