Ce samedi, à Athlone, au cœur de l'Irlande, des milliers d'agriculteurs se sont rassemblés pour exprimer leur mécontentement face à l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Dans un climat de tension, des pancartes telles que "Non UE-Mercosur" et "Soutien à l'agriculture irlandaise" ont été brandies sur des tracteurs ayant envahi les rues de la ville, à mi-chemin entre Dublin et Galway, suite à l'approbation européenne de l'accord.
Le gouvernement irlandais, tout comme ses homologues en France, en Hongrie, en Pologne et en Autriche, a fait part de son opposition à cet accord qui soulève de vives inquiétudes au sein de la communauté agricole. Les agriculteurs craignent en effet une arrivée massive de produits moins chers, issus de pays où les normes de qualité et de sécurité alimentaires sont moins rigoureuses. Cette crainte est particulièrement palpable dans le secteur de la viande, où l'importation de viande de bœuf à bas prix pourrait menacer les exploitations locales.
Des manifestations similaires ont également eu lieu en France, en Pologne et en Belgique, renforçant un front commun des agriculteurs européens. Selon la source Le Monde, le Parlement européen doit encore se prononcer sur ce texte, qui a été en négociation pendant plus de 25 ans avec le bloc sud-américain du Mercosur, comprenant le Brésil, le Paraguay, l'Argentine et l'Uruguay.
Cet accord a été présenté par ses défenseurs, notamment l'Allemagne et l'Espagne, comme une opportunité de stimuler l'économie européenne en réduisant les droits de douane, permettant ainsi de favoriser les exportations européennes, telles que les voitures ou le vin. Cependant, pour les agriculteurs irlandais, la situation est alarmante. L'Irish Farmers Association (IFA) a qualifié le feu vert européen de "très décevant" et appelle les députés à rejeter cet accord, insistant sur les effets dévastateurs qu'il pourrait avoir sur l'agriculture locale.
Simon Harris, vice-Premier ministre irlandais, a rassuré les agriculteurs en déclarant que le gouvernement continuerait à défendre ses préoccupations et à s'opposer à cet accord qui pourrait changer la donne pour l'agriculture irlandaise.







