Depuis le 1er janvier, Marseille a resserré son cadre réglementaire concernant les locations de meublés touristiques, limitant la possibilité de louer une résidence principale à 90 nuitées par an, contre 120 précédemment. Cette décision s'inscrit dans une politique plus large destinée à lutter contre la crise du logement, comme l'indique Patrick Amico, adjoint au maire en charge du Logement, qui rappelle que la ville s'engage à respecter les lois adoptées.
Ces nouvelles restrictions, conçues pour diminuer le nombre d'annonces, vont probablement entraîner une augmentation des tarifs sur le marché. Les utilisateurs d'Airbnb et autres plateformes de location à court terme pourraient s'attendre à des prix plus élevés cet été. Déjà, lors de la saison estivale précédente, de nombreux vacanciers ont remarqué des tarifs aussi élevés que ceux pratiqués à Monaco.
Selon le site Lodgify, le prix moyen d'une nuit à Marseille avoisine actuellement les 90 euros, mais varie considérablement selon les zones. Par exemple, dans le quartier du Panier, le coût oscille entre 107 et 156 euros, tandis que le 7e arrondissement, proche des plages, affiche des prix variant de 91 à 204 euros, signifiant une offre assez limitée.
Les nouvelles règles incluent également une obligation de compensation pour les transformations de logements en résidences meublées touristiques. Cette politique impose que pour chaque logement de ce type créé, une surface équivalente de logement familial soit mise à disposition, selon Amico. Ce mécanisme vise à protéger le parc immobilier à Marseille, où 45 % des meublés de tourisme sont des résidences principales.
Les experts, comme Sylvain Dejean, économiste à l'université de La Rochelle, affirment que cette raréfaction de l'offre conjuguée à une demande toujours croissante est susceptible de faire monter les prix. Les résultats d'une étude à Bordeaux montrent une diminution notable du nombre d'annonces après la mise en œuvre de règles similaires.
Certaines voix s'élèvent toutefois contre ces politiques jugées excessives. Nicolas Pauleau, président du Syndicat des Professionnels de la Location Meublée à Marseille-Provence, avertit que réduire le nombre de nuitées ne résoudra pas la crise du logement, mais entravera plutôt le dynamisme économique généré par le tourisme. Les propriétaires pourraient souffrir de la perte de revenus, ce qui pourrait à son tour affecter l'attractivité de la ville.
La municipalité continue de regarder vers l'avenir, cherchant à équilibrer le besoin de logements avec les exigences d'un secteur touristique vital. Comme le souligne Dejean, la fiscalité pourrait jouer un rôle important, offrant des solutions plus nuancées qui bénéficieraient à tous.







