La nuit du 31 décembre à Crans-Montana, un incendie dévastateur a ravagé le bar-discothèque "Le Constellation", emportant la vie d'une quarantaine de personnes et blessant 119 autres, dont 14 ressortissants français. Cette tragédie a conduit à l'ouverture d'une enquête pour homicide par négligence et incendie par négligence visant le couple de gérants, Jacques et Jessica Moretti.
Arrivés en Suisse en 2015, les Moretti avaient rapidement étendu leur entreprise, acquérant plusieurs établissements, y compris le café-restaurant "Le Senso" et l'auberge corse "Le Vieux Chalet". Avant l'incendie, Jacques Moretti, sexagénaire d'origine corse, était perçu comme un professionnel sérieux et impliqué. Selon des témoignages recueillis par des médias, il passait ses journées à ses établissements, affirmant même que "tout était en règle" au Constellation, où il avait été inspecté à plusieurs reprises.
Pourtant, un examen plus approfondi de son passé révèle une histoire plus complexe. Jacques Moretti a fait l'objet de condamnations pour proxénétisme dans les années 1990 et a purgé une peine en 2005 en Haute-Savoie pour des affaires d'escroquerie et d'enlèvement. Bien que son parcours judiciaire soulève des questions, des spécialistes en criminologie, tels que le sociologue Jean-François Coen, soulignent que chaque individu peut évoluer. "Les gens ont la capacité de changer, mais leur passé demeure une ombre persistante", explique-t-il.
Le soir fatidique de l'incendie, Jacques n'était pas présent, mais Jessica, son épouse, était sur place et a subi des blessures légères. Elle était reconnue pour son accueil chaleureux et sa familiarité avec les clients. Les premières enquêtes pointent vers une potentielle négligence dans la gestion de la sécurité, mais le couple n'a pas été incarcéré et reste sous contrôle judiciaire. Les avis sur leur réputation demeurent partagés; si certains anciens employés évoquent des comportements problématiques, d'autres clients témoignent de leur diligence et de leur souci de la sécurité.
Les autorités continuent d'investiguer les circonstances ayant mené à cette tragédie, mais pour beaucoup dans la région, les Moretti étaient considérés comme des entrepreneurs engagés, plutôt que comme des figures avec un passé judiciaire twiste. "C'est une communauté qui se débat au milieu de la douleur et du choc", confie Henri Bouvier, un résident de Crans-Montana. La recherche de la vérité se poursuit alors que les familles des victimes pleurent leur perte, et le débat sur la sécurité dans les établissements de nuit est relancé.







