En Iran, un paysage de désespoir et de colère prend forme alors que le pays fait face à une coupure d'internet généralisée. Cette interruption, qui a débuté ce jeudi, semble être une réponse directe à l'intensification des manifestations qui secouent le pays depuis plus de douze jours. Selon l’ONG Netblocks, spécialisée dans la surveillance numérique, ce black-out est le reflet d'une répression grandissante contre ceux qui osent défier le régime.
Les revendications populaires, initialement centrées sur l'inflation galopante et le coût de la vie, se sont rapidement élargies pour inclure un rejet du régime lui-même. Dans plus de cinquante villes, des milliers de manifestants se rassemblent pour exprimer leur mécontentement, une révolte qui rappelle les événements survenus après la mort de Mahsa Amini en 2022. Selon des rapports récents de l'ONG Iran Human Rights, au moins 45 personnes, dont plusieurs mineurs, ont perdu la vie dans ces heurts avec les forces de sécurité.
Les images circulant sur les réseaux sociaux montrent des actes de violence inédits, des manifestants brandissant des slogans tels que « la bataille finale » et exprimant leur désir de renverser le régime de la République islamique. Ces demandes sont particulièrement soutenues par des figures de l'opposition en exil, comme Reza Pahlavi, qui incitent à un changement radical.
La répression, selon de nombreuses organisations des droits de l'homme, s'accompagne de violences physiques contre les manifestants, incluant l’usage de gaz lacrymogène et de balles réelles, rapporté notamment à Kermanshah. Amnesty International souligne que le gouvernement iranien a non seulement blessé de nombreux manifestants, mais a également infligé des violences à des citoyens innocents en tant que témoins de ces événements.
Face à cette situation chaotique, des appels à la retenue et au dialogue ont été lancés, mais beaucoup doutent de la bonne volonté des autorités. Le président iranien lui-même a fait des déclarations publiques évoquant l'importance de l'écoute des revendications, tout en continuant à réprimander les manifestations comme des actes de provocation.
Dans ce climat de tension extrême, la communauté internationale reste en alerte, alors que des appels à des sanctions supplémentaires contre le régime iranien se font entendre.







