Paris (France) – À Téhéran, une grande foule s'est rassemblée dans les rues, témoignant d'un mouvement de contestation qui s'intensifie. Selon des vidéos authentifiées par l'AFP, ces manifestations, qui en sont à leur douzième jour, se déroulent alors que le réseau internet a été coupé à l'échelle nationale, un signe de l'inquiétude des autorités face à la colère croissante, rapportée par l'ONG Netblocks.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a appelé à la retenue, mais les manifestants, qu'ils soient à pied ou en voiture, continuent d'affluer dans une artère principale de la capitale. Bien que les autorités aient rapporté au moins 21 décès depuis le début des manifestations, d'autres ONG, comme Iran Human Rights, avancent un bilan plus lourd avec 45 morts, dont huit mineurs. "La répression s'est intensifiée, et chaque jour, la violence se renforce", déclare Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l'ONG.
Ces manifestations, qui ont débuté le 28 décembre à Téhéran, se sont étendues à plus de 50 villes à travers le pays. La révolte, initialement déclenchée par la hausse des prix, a pris une tournure politique, avec des slogans appelant à un "changement radical" du régime. Les protestataires crient des messages tels que "c'est la bataille finale, Pahlavi reviendra", évoquant le retour de la dynastie chassée lors de la Révolution islamique de 1979.
Un témoin de Kermanshah a expliqué : "Nous sommes à bout. La situation économique est insouten-able et le régime en est responsable." Les ONG font état d'un usage excessif de la force par les autorités, avec des rapports de balles réelles utilisées contre les manifestants. Le chef de la diplomatie allemande a dénoncé cette violence, appelant les autorités à respecter leurs engagements internationaux.
Les médias iraniens relatent également des cas de violence entre les forces de sécurité et les manifestants, des images de gaz lacrymogène diffusées sur les réseaux sociaux renforçant l'inquiétude quant à la répression de la liberté d'expression. La coupure d'internet représente une entrave dans un moment critique pour la communication entre les citoyens, alors que la pression pour des réformes et un dialogue augmente.
La situation évolue chaque jour, et des mouvements de solidarité internationaux commencent à s'organiser. En complément des voix locales, les déclarations de l'expert en droits de l'homme à Genève indiquent que "la communauté internationale doit se mobiliser pour soutenir le peuple iranien dans sa quête de liberté et de démocratie". Cette période de contestation pourrait marquer un tournant décisif pour le pays.







