Barham Saleh, figure emblématique des droits de l'homme et ancien président d'Irak, a pris ses fonctions à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Avec près de 117 millions de personnes déplacées à travers le monde, le HCR se trouve confronté à un défi sans précédent en matière de financement et d'approvisionnement, alors même que le nombre de réfugiés a doublé en dix ans.
Saleh, premier ex-chef d'État à diriger le HCR, rappelle l'urgence de la situation. Lors de sa première visite au camp de Kakuma au Kenya, il a déclaré : "Je connais la douleur de perdre sa maison, ses amis et son avenir". Fort de son propre parcours d'exilé, il entend porter une voix forte pour améliorer les conditions des réfugiés et leur fournir des opportunités au-delà de la simple survie.
Né en 1960 à Souleimaniyeh, en Irak, Saleh a grandi dans un environnement politique turbulent. Membre de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), il a connu l'exil en Iran en 1974 et a ensuite été arrêté à deux reprises à son retour en Irak, subissant des actes de torture sous le régime de Saddam Hussein. Ces expériences l'ont façonné et lui ont donné une perspective rare sur les défis que les réfugiés doivent surmonter quotidiennement.
L'ancien président, qui a occupé le poste avec dignité de 2018 à 2022, est reconnu pour son approche centrée sur l'humain. Filippo Grandi, son prédécesseur, souligne que Saleh est particulièrement bien placé pour dialoguer avec les réfugiés, apportant une compréhension personnelle de leurs luttes. En tant que dirigeant, il défend une philosophie optimiste, inspirée par ses propres expériences, cherchant à voir des "possibilités là où d'autres voient des murs".
Au camp de Kakuma, qui abrite plus de 300 000 réfugiés venant essentiellement du Soudan du Sud, de Somalie, du Burundi et du Rwanda, Saleh a exprimé son indignation face à la situation actuelle. Dans une époque où le financement international décline, il appelle à une résurgence de l'engagement mondial envers les droits des réfugiés. "Le monde dans lequel nous vivons ne devrait pas permettre que cela continue", a-t-il insisté.
Selon Le Monde, les défis auxquels est confronté le HCR exigent également une adaptation stratégique pour faire face à la réduction des ressources. Antonio Guterres, le Secrétaire général de l'ONU, a salué l'expérience de Saleh, le qualifiant de "négociateur de crise et architecte des réformes nationales". Dans un moment où les conflits et les catastrophes naturelles augmentent, la communauté internationale doit reconnaître ses responsabilités morales et légales envers les personnes forcées de fuir leur foyer en quête de sécurité.
En conclusion, Barham Saleh représente une lueur d'espoir dans une situation mondiale sombre. Son humanité et son engagement envers les droits des réfugiés témoignent d'un profond désir de changement, et alors qu'il commence ce nouveau chapitre à la tête du HCR, le monde observe avec attention.







