La Cour suprême des États-Unis, majoritairement conservatrice, semble sur le point d'approuver des lois permettant d'exclure les filles et femmes transgenres des compétitions sportives féminines au niveau scolaire et universitaire. Ce sujet, déjà explosif, divise profondément l'opinion publique américaine.
Dès son investiture, Donald Trump a marqué son territoire en signant un décret stipulant que son administration ne reconnaissait plus que deux sexes : masculin et féminin, définis à la naissance. En février, il a également légiféré pour permettre la coupure de subventions fédérales aux écoles qui permettraient aux athlètes transgenres de concourir dans des catégories féminines.
Les lois en question proviennent principalement de l'Idaho et de la Virginie-Occidentale, des États qui, au même titre que plus de la moitié des États-Unis, interdisent la participation des femmes transgenres aux compétitions féminines. Un exemple marquant est celui de Lindsay Hecox, une étudiante transgenre de l'Université d'État de Boise, qui a contesté son exclusion.
Une cour d'appel fédérale avait donné raison à Hecox, en soulignant que la loi enfreignait le Quatorzième amendement de la Constitution, qui garantit l'égale protection des citoyens. De même, une autre cour d'appel en Virginie-Occidentale a jugé qu'une mineure transgenre avait subi une discrimination sexuelle.
Les deux États soutenus par l'administration Trump affirment que leur décision vise à garantir l'équité et la sécurité dans le sport. Ils soutiennent que les athlètes transgenres jouissent d'un avantage physique qui pourrait mettre en péril la sécurité de leurs adversaires. Alan Hurst, représentant de l'Idaho, a argué que le sexe demeure le critère déterminant dans le sport.
Cependant, cette assertion est fortement contestée par l'avocate de Lindsay Hecox, Kathleen Hartnett. Elle a souligné que les traitements visant à réduire les niveaux de testostérone de son cliente annulent tout avantage physique qu'elle pourrait avoir. "Cette loi répond-elle à un problème de manière rationnelle ou s'agit-il simplement d'une réaction disproportionnée face à une présomption ?", s'est-elle interrogée.
Brett Kavanaugh, l'un des juges conservateurs, a soulevé des préoccupations concernant le potentiel impact sur les réussites du sport féminin depuis des décennies. Il a exprimé ses réserves sur le fait que la présence d'athlètes transgenres pourrait compromettre les succès des équipes féminines.
Joshua Block, avocat de la mineure de Virginie-Occidentale, a évoqué la motivation innocente d'une jeune fille cherchant à se faire des amis et à s'intégrer dans sa nouvelle école, soulignant l'importance de l'inclusion sociale.
Des manifestations ont eu lieu autour du palais de justice, mettant en lumière la passion éprouvée par les différents camps. Rebekah Bruesehoff, une étudiante transgenre, a partagé son expérience et son désir de se sentir partie intégrante de la communauté sportive.
La décision de la Cour suprême est attendue d'ici à la fin de la session annuelle, prévue pour fin juin, et pourrait ouvrir la voie à des évolutions majeures dans le paysage du sport inclusif aux États-Unis. Alors que laissait entrevoir une évolution dans les droits des athlètes transgenres, la tendance actuelle pourrait marquer un tournant significatif dans ce combat pour l'égalité.







