Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, se dirige vers Berlin ce lundi pour discuter des récentes menaces douanières formulées par Donald Trump. Lors de sa rencontre avec son homologue allemand, Lars Klingbeil, Lescure mettra en avant le besoin urgent d'activer l'« instrument anti-coercition » proposé par Emmanuel Macron, conçu pour protéger l'Europe contre les intimidations économiques américaines.
Cette réunion avait été programmée avant que Trump n'annonce des surtaxes de 10 % sur les importations en provenance de certains pays européens, montant potentiellement à 25 % en juin. Ces menaces visent spécifiquement les nations ayant déployé des troupes au Groenland, ce qui a suscité une large riposte au sein de l'Union européenne, comme l'indique Les Echos.
Macron a exprimé son soutien à une réponse coordonnée des États membres. Selon ses déclarations, l'activation rapide de cet instrument, qui donne à l'UE le pouvoir de limiter les importations d'un pays, d'accéder à des marchés publics et de bloquer certains investissements, pourrait être essentielle pour contrer l'agression économique de Trump.
Ce dispositif, qui n’a jamais été utilisé jusqu’à présent, nécessite une majorité qualifiée des pays de l’UE pour être déployé. Cependant, Lescure et Klingbeil semblent prêts à persuader leurs homologues européens lors de l'Eurogroupe qui aura lieu après leur réunion à Berlin. Le climat est tendu, et les experts estiment que la réaction de l'UE pourrait établir un précédent pour faire face à de futures pressions. Comme le souligne l'économiste Claude Baroin, « l'UE doit démontrer qu'elle n'est pas une cible facile pour les attaques économiques ».
La situation reste dynamique, et ce lundi marquera un tournant dans la manière dont l'Europe réagit face aux défis de son partenaire transatlantique. Les prochains jours seront cruciaux pour observer si l'Union européenne met en pratique ses nouvelles stratégies de défense économique.







