Le 20 janvier, Marine Le Pen, dirigeante du Rassemblement National (RN), a été entendue pour la première fois dans le cadre de son procès en appel concernant l'affaire des assistants parlementaires. Ce procès, qui se déroule à Paris jusqu'au 11 février, implique également dix autres prévenus. Les enjeux sont colossaux pour l'ex-présidente du parti, qui élabore une nouvelle stratégie de défense.
Contrairement à son approche agressive lors de l'audience précédente, Marine Le Pen a opté pour une attitude plus réfléchie, préférant s'adresser directement à la cour plutôt qu'aux médias. Elle a présenté une défense axée sur l'absence d'"intentionnalité" dans les actes reprochés, tentant de dissocier son implication personnelle des irrégularités alléguées.
« Si un délit a été commis, je suis prête à l'entendre, mais nous n'avons jamais eu la moindre intention de commettre un délit », a déclaré Le Pen devant la cour, en insistant sur le fait qu'aucun document ou contrat n'avait été dissimulé. Elle a également pointé du doigt la responsabilité du Parlement européen, évoquant un manque d’alerte face à des pratiques qu’elle estime conformes aux normes en vigueur à l’époque.
Le procès fait écho à des accusations plus larges concernant le détournement de fonds publics, un sujet qui a été constamment sur la table de débat depuis que des éléments ont été révélés en 2024. La cour a précédemment décrit Le Pen comme ayant joué un « rôle central » dans un système utilisant les enveloppes salariales des eurodéputés pour financer le parti. Le préjudice aurait été évalué à 3,2 millions d'euros, jugeant cette méthode comme exploitant les ressources de manière illégitime.
Des documents tels que des courriels et des rapports comptables, provenant des enquêtes effectuées par Le Monde, apportent un éclairage sur les pratiques du RN, qui semblent avoir impliqué des assistants parlementaires occupant des fonctions parfois floues. Selon des témoignages, Marine Le Pen aurait même demandé à ses collègues d'embaucher un seul assistant et d'allouer le reste des fonds au parti, ce que certains ont dénoncé comme une incitation à des emplois fictifs.
Les juges ont relégué ce procès à un enjeu politique majeur, non seulement pour le RN, mais aussi pour l'avenir politique de Marine Le Pen, qui aspire à une candidature lors des présidentielles de 2027. « Tout ce que nous avons fait était légal », a-t-elle souligné, allant même jusqu'à accuser le cadre légal d'être "pas clair" à l'époque des faits.
La décision finale de la cour pourrait bien redéfinir la trajectoire politique du parti et de son leader, un sujet qui mobilise déjà de nombreuses opinions, tant au sein du RN qu’au sein de l’opinion publique. Cette affaire continuera d'alimenter les discussions dans les mois à venir alors que les électeurs se préparent pour le prochain acte électoral.







