Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong Un, a récemment pris des mesures radicales en limogeant publiquement son vice-Premier ministre, Yang Sung Ho, lors de l'inauguration d'un complexe industriel. En s'adressant à ses hauts fonctionnaires, il a exprimé son mécontentement face à ce qu'il considère comme une incompétence chronique au sein de l'appareil gouvernemental. Selon l'agence de presse officielle KCNA, Kim a utilisé une métaphore frappante en comparant le vice-Premier ministre à une chèvre, insinuant qu'il est inapte à ses responsabilités, déclarant : "C’était comme atteler une chèvre à un chariot, une erreur dans notre processus de nomination des cadres".
Pourtant, ces critiques publiques à l’égard de hauts responsables sont relativement rares dans le pays. La situation économique difficile de la Corée du Nord, exacerbée par des sanctions internationales et des politiques mal orientées, a conduit Kim à adopter une ligne dure contre ceux qu'il juge responsables du malaise persistant. "S'ils restent passifs face à cette crise, il est de notre devoir d’obtenir des résultats significatifs", a-t-il martelé, appelant à un rattrapage urgent du retard économique.
En effet, la Corée du Nord est confrontée à une série de défis, incluant des pénuries alimentaires sévères et une économie étouffée. Les experts estiment que Kim Jong Un cherche à redynamiser son gouvernement en agissant contre les responsables qu'il considère comme inefficaces. Les critiques sur la gestion de la crise font écho aux déclarations d'autres analystes, tels que Yang Moo-jin, qui affirment que cette approche sert de stratégie du choc pour exhorter ses subordonnés à redoubler d'efforts.
Cette mise au point intervient alors que Pyongyang se prépare au premier congrès en cinq ans du Parti des travailleurs, qui pourrait annoncer des mesures cruciales concernant l'économie et la défense. Les observateurs s'attendent à ce que la réunion aborde non seulement les enjeux militaires, mais également les défis économiques pressants, conformément aux appels répétés de Kim à moderniser l’économie du pays.
En parallèle, le pays continue de faire face à des catastrophes naturelles, aggravées par une déforestation massive et une gestion étatique souvent critiquée. Les récentes inondations et sécheresses ajoutent une pression supplémentaire sur un système déjà fragile. La populace, souvent oubliée dans les priorités du gouvernement, doit faire face aux conséquences de décisions souvent prises pour renforcer le pouvoir militaire plutôt que d'investir dans les infrastructures sociales.
Le limogeage de Yang Sung Ho peut donc être perçu comme un signal d'alerte pour les autres fonctionnaires nord-coréens : l'ère de l'impunité pourrait toucher à sa fin, et seul un engagement tangible pourrait permettre de sortir le pays de la crise actuelle.







