Une explosion survenue lundi après-midi à Kaboul, dans un restaurant chinois fréquenté principalement par des clients musulmans, a causé la mort d'au moins sept personnes, selon les autorités et les services de secours. Un journaliste de l'Agence France-Presse (AFP) a été témoin du déploiement rapide de véhicules de police et d'ambulances après la déflagration, qui a brisé les fenêtres des bâtiments voisins dans une rue traditionnellement dynamique, célèbre pour ses fleuristes.
Plus tard dans la journée, l'organisation Etat islamique (EI) a revendiqué cette attaque via le SITE Intelligence Group. Cette revendication s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes, l'EI ayant explicitement désigné les ressortissants chinois comme cibles en raison des violences subies par les Ouïghours en Chine.
Khalid Zadran, porte-parole de la police de Kaboul, a précisé que parmi les victimes, se trouvaient un citoyen chinois et six Afghans, soulignant que plusieurs autres personnes avaient également été blessées. Selon lui, l’explosion aurait eu lieu à proximité de la cuisine du restaurant, laissant le quartier dans un état de choc.
L'ONG italienne Emergency a confirmé avoir reçu sept corps, avec treize personnes hospitalisées, dont plusieurs femmes et un enfant. Dejan Panic, directeur de l’ONG en Afghanistan, a exprimé son inquiétude face à la montée de la violence dans le pays.
Un climat de tension grandissant
Un commerçant de fleurs, témoin de l'explosion, a décrit une forte détonation survenue vers 15h30, heure locale. Après l’attaque, les autorités ont rouvert la circulation dans la rue.
Les responsables afghans, sous le régime taliban, continuent de promettre un rétablissement de la sécurité tout en cherchant à attirer les investissements étrangers. Depuis leur retour au pouvoir, la présence d'hommes d'affaires chinois en Afghanistan a augmenté. Cependant, l'EI a déjà affronté le régime taliban en intensifiant ses attaques. La Chine entretient des relations étroites avec le gouvernement taliban, mais les récents événements laissent pressentir une aggravation du climat sécuritaire.
Alors que le gouvernement afghan cherche à stabiliser la situation, de nombreux analystes, comme ceux de France 24, mettent en garde contre le risque d'une spirale de violence persistante, indiquant que la vulnérabilité des minorités et les tensions internationales en Afghanistan risquent de s'intensifier.







