Une onde de choc parcourt Pyongyang après que Kim Jong-un a décidé de limoger Yang Sung Ho, son vice-Premier ministre, le jour même où il inaugurait un complexe industriel flambant neuf. Cette décision inattendue, rapportée par l'agence d'État KCNA, s'inscrit dans un contexte de mécontentement croissant face à des responsables jugés incompétents.
Dans un discours virulent au cours de l'inauguration du complexe de Ryongsong, Kim a exprimé sa frustration envers certains responsables économiques qualifiés de « irresponsables et incompétents », les tenant pour responsables des retards qui ont affecté le projet. « Il est clair que les forces actuelles de l'orientation économique ne sont pas en mesure de conduire les travaux nécessaires pour moderniser notre industrie », a-t-il déclaré.
Ce limogeage surprise soulève de nombreuses questions sur la stabilité du régime, alors que la Corée du Nord lutte contre des défis économiques majeurs, exacerbés par des sanctions internationales. Pour l'analyste politique français, Jean Dupont, « ce type de décision révèle le désir de Kim de prendre le contrôle total, mais pourrait également exacerber les tensions internes au sein du gouvernement ». Le climat de peur et de méfiance pourrait inciter d'autres responsables à revoir leur loyauté, craignant pour leurs propres postes.
Les observateurs notent que cette vague de décisions autoritaires pourrait être le signe d'une préparation accrue de Kim Jong-un face aux défis économiques et financiers que traverse le pays. En effet, la Corée du Nord, déjà isolée sur le plan international, doit également composer avec la pandémie de COVID-19, un facteur aggravant pour sa situation déjà précaire.
Les répercussions de ce limogeage ne manqueront pas d'affecter la perception internationale du régime, alors que la communauté mondiale scrute chaque mouvement à Pyongyang avec une attention particulière. La situation politique est donc des plus délicates et à suivre de très près.







