Lors de son audition au tribunal de Los Angeles, Adam Mosseri, le patron d'Instagram, a rejeté mercredi la pensée selon laquelle les réseaux sociaux créent une "addiction clinique", choisissant plutôt de parler d'"utilisation problématique". Cette intervention a eu lieu durant le procès qui oppose Google et Meta, et qui pourrait avoir des conséquences majeures sur l'avenir des plateformes numériques.
Lors des interrogations menées par l'avocat de la partie plaignante, Mark Lanier, Mosseri a insisté sur la nécessité de faire la distinction entre addiction clinique et usage problématique de ces plateformes. "C'est essentiel de ne pas mélanger les choses", a-t-il précisé, ajoutant que les jurés doivent évaluer si des entreprises comme Google et Meta ont intentionnellement conçu leurs services pour inciter à une consommation excessive, en particulier chez les jeunes utilisateurs qui leur sont exposés.
L'affaire se concentre sur le cas de Kaley G.M, une jeune Californienne dont la santé mentale aurait été affectée par une exposition prolongée à Instagram et YouTube. Ce procès est perçu comme un test crucial pour les nombreuses actions en justice similaires qui sont en cours aux États-Unis.
Mosseri a partagé une anecdote pour illustrer son point de vue, mentionnant qu'il a lui-même déclaré être "accro" à une série Netflix. Toutefois, il a rapidement nuancé cette remarque, soutenant qu'il ne peut pas comparer cela à une addiction clinique. En réponse, Lanier a souligné que Mosseri n'est pas un expert médical, mettant ainsi en doute la légitimité de ses affirmations.
Dans l'audience, des familles endeuillées par des suicides d'adolescents, supposément liés à l'utilisation des réseaux sociaux, ont affiché leur désespoir. Ces mères, représentant de nombreuses familles ayant intenté des actions en justice, ont bravé des conditions météorologiques difficiles pour défendre leurs causes.
- Profits et protection -
Face à des questions délicates concernant la philosophie de Meta, Adam Mosseri a défendu l'approche de l'entreprise, alors que l'audition de son supérieur, Mark Zuckerberg, est prévue prochainement. Mosseri a affirmé : "Nous devons nous assurer de la sécurité de nos produits", mettant en lumière l'équilibre que sa société doit maintenir entre le bien-être des utilisateurs et la nécessité de générer des profits.
Interrogé sur la gestion des effets de ses plateformes sur les jeunes, il a déclaré que la "protection des mineurs" ne doit pas être vue comme un obstacle au succès économique, mais plutôt comme un asset favorable à l'image de l'entreprise.
Alors qu'il fait face à des discussions sur des emails internes, Mosseri a défendu la décision de Zuckerberg de permettre des filtres de chirurgie esthétique sur Instagram, malgré des objections internes concernant leur impact potentiel sur la jeunesse.
"Nous nous efforçons d'être protecteurs tout en évitant toute censure", a-t-il expliqué. Les avocats de Meta devraient poursuivre les interrogatoires dans l'après-midi.
Le fond du procès se concentre davantage sur les algorithmes et les fonctionnalités de personnalisation des plateformes, souvent accusés de favoriser des comportements de visionnage compulsifs. Les témoignages d'autres responsables de Youtube et TikTok, qui ont évité une confrontation directe en enregistrant un accord à l'amiable avant le procès, continueront à alimenter le débat.
Ce procès devrait se poursuivre jusqu'au 20 mars, avec plusieurs autres cas similaires à l'étude, dont un à l'échelle nationale en Californie. Parallèlement, une affaire au Nouveau-Mexique accuse Meta de privilégier le profit sur la sécurité des jeunes face à la menace des prédateurs sexuels.







