La mort de Quentin Deranque, un étudiant de 23 ans tué jeudi dernier lors d'une manifestation à Sciences Po Lyon, a conduit le parquet à intensifier ses efforts pour identifier les « auteurs directs » de l'agression. Plusieurs témoignages significatifs ont été recueillis, et l'enquête évolue rapidement.
Dans un communiqué, le parquet a déclaré : « Les services de police ont reçu des témoignages clés. Nous concentrons désormais nos efforts sur l'identification des responsables de ces violences ». Une conférence de presse est prévue pour lundi à 15 heures par le procureur de Lyon.
Suite à la tragédie, le parquet a ouvert une enquête pour coups mortels aggravés, la situation étant exacerbée par plusieurs facteurs, comme un rassemblement organisé, l'utilisation d'armes, et la dissimulation des visages des agresseurs.
D'après le collectif identitaire Némésis, proche de l'extrême droite, Quentin aurait été attaqué par des militants antifascistes, alors qu'il était chargé de la sécurité lors d'une manifestation contre une conférence de l'eurodéputée de LFI, Rima Hassan. Il a été hospitalisé dans un état critique et est décédé ce samedi.
Me Fabien Rajon, l'avocat de la famille, a qualifié l'attaque de « crime » et d'« embuscade préparée avec soin ».
Une tempête politique s'ensuit
L'affaire suscite une onde de choc sur le plan politique, avec des critiques dirigées contre La France insoumise, accusée d'être complice d'un climat de « violence politique ». Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a affirmé que « c'est manifestement l'ultragauche qui a tué » Quentin.
De son côté, le président Emmanuel Macron a appelé à la retenue et à l’apaisement, tout en dénonçant les « expressions antisémites » issues de l'extrême gauche. Jean-Luc Mélenchon, le leader des Insoumis, a, quant à lui, exprimé son choc et sa compassion tout en critiquant les récits post-agression.
Il a été également évoqué la présence supposée de membres du groupe antifasciste Jeune Garde parmi les agresseurs, bien que cela n'ait pas été confirmé par le parquet. Ce collectif a déclaré qu'il ne saurait être tenu responsable de la mort de Quentin, ayant suspendu toutes ses activités.
Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire de Raphaël Arnault, a lui aussi nié toute implication dans cette tragédie, se disant menacé de mort par des groupes d'extrême droite.
Rassemblement à la Sorbonne
Dimanche, un rassemblement a eu lieu devant la Sorbonne, où plusieurs dizaines de personnes se sont réunies pour demander justice pour Quentin. Parmi les participants, des élus et figures de l'extrême droite comme Marion Maréchal et Éric Zemmour ont exprimé leur soutien.
Des candidats aux élections municipales de Lyon ont choisi de suspendre leur campagne, émus par la perte tragique de l'étudiant. Un témoin de l'attaque, s'exprimant sous le prénom Adem, a décrit la violence de l'incident, évoquant des cris et des coups violents.
Une vidéo de l’agression, diffusée par TF1, montre plusieurs personnes en train d'attaquer d'autres, témoignant de l’ampleur de la brutalité.
À l'église Saint-Georges, où Quentin était bénévole, le recteur Laurent Spriet a demandé aux fidèles de prier pour son âme, tout en appelant à laisser faire la police et la justice.
Avec AFP







