Plus de 200 détenus politiques ont lancé une grève de la faim dimanche au Venezuela, défiant une récente loi d’amnistie qui semble exclure la majorité d’entre eux. Le mécontentement grandissant est alimenté par la libération de 80 prisonniers le jour précédent, qui a souligné l’iniquité de cette mesure. Yalitza García, belle-mère d’un gendarme argentin accusé de terrorisme, a expliqué : « Ils jugent que la loi d’amnistie ne les touche pas, d’où cette action radicale. »
La grève a débuté à la prison de Rodeo I, en périphérie de Caracas. Les proches des détenus font part de leur indignation face à une loi qui ne considère pas la situation de plusieurs milliers de prisonniers dans divers établissements. Une mission du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a eu récemment accès à ces lieux, marquant un pas en avant dans un système carcéral longtemps critiqué. Filippo Gatti, coordinateur de santé du CICR pour le Venezuela, a noté : « C’est un premier pas vers une plus grande transparence. »
Une loi sous la pression des États-Unis
Adoptée jeudi dernier, cette loi d’amnistie a été mise en œuvre sous la pression des États-Unis, alors que la présidente par intérim Delcy Rodriguez cherche à normaliser les relations avec Washington, rompues depuis derrière un phénomène d’escalade de tensions. Depuis l’aube de l’année, avec la capture du président Nicolas Maduro, le climat politique s’est intensifié.
Parallèlement, l’Assemblée nationale a mis sur pied une commission pour examiner les cas des prisonniers politiques exclus de cette amnistie, avec Jorge Rodriguez, son président, annonçant que 1 557 demandes de libération avaient été déposées. Les critiques affluent : des milliers de prisonniers, notamment policiers et militaires, risquent de ne jamais bénéficier de cette mesure.
L’implication de la Prix Nobel, Maria Corina Machado
Alors que de nombreuses familles attendent avec impatience des nouvelles sur la libération de leurs proches, certaines comme dix femmes ont entrepris une grève de la faim pour attirer l’attention sur leurs cas. Une mère de famille a exprimé son désespoir : « Nous espérons que ce ne soit pas une plaisanterie. » Le directeur de Foro Penal, Alfredo Romero, a critiqué les complexités administratives entourant ce processus d’amnistie, rappelant que ce droit n’est pas automatique.
Cette loi pourrait également donner la liberté à 11 000 autres détenus politiques, marquant l'espoir d'une réelle avancée vers une démocratie incluse, selon plusieurs observateurs. Juan Pablo Guanipa, un opposant récemment libéré, a évoqué l'importance de continuer à se battre pour des élections justes et équitables. « Nous devons tous œuvrer pour que cet élan se transforme en une réalité, un véritable changement pour notre pays », a-t-il déclaré lors d’un meeting à Maracaibo.







