Le climat au Sénégal devient de plus en plus hostile envers la communauté LGBT+. Après l'arrestation de douze hommes, dont des personnalités publiques, pour des "actes contre nature", de nouvelles mesures répressives sont mises en œuvre.
Des arrestations fréquentes ont eu lieu ces dernières semaines, signalant un seuil alarmant de répression. Selon des sources locales, plus de trente personnes ont été arrêtées, souvent à la suite de dénonciations et d'examens de leurs téléphones personnels.
Certains des interpellés sont accusés d'avoir transmis le VIH, alimentant ainsi des débats virulents contre les homosexuels. Les médias couvrent ces événements de manière sensationnelle, incitant le Conseil des Ordres Éthiques et Déontologiques (CORED) à rappeler la nécessité de respecter la dignité humaine et la vie privée des concernés.
Des titres comme « Grande lessive à homo » et « La traque s'intensifie » reflètent le sentiment de panique qui règne. Un défenseur des droits humains, s'exprimant anonymement, déplore : "Jamais auparavant une telle violence n'avait été observée ici; il s'agit d'un véritable lynchage public".
Des peines augmentées
Dans ce climat de peur, un projet de loi a été présenté, visant à doubles les peines actuelles pour les relations homosexuelles, envisageant jusqu'à dix ans de prison pour les coupables. La loi prévoit également des peines pour ceux qui défendent les droits des homosexuels, accentuant la répression.
De nombreuses voix critiques soulèvent des inquiétudes concernant la santé mentale des personnes LGBT+. Comme l'indique un rapport de Le Monde, la stigmatisation croissante pousse des individus à fuir le pays. Des réseaux sociaux relayent des vidéos d'agressions ciblant ceux suspectés d'homosexualité.
Des organisations comme STOP Homophobie rapportent une hausse des demandes d’aide émanant du Sénégal. Les récits font état de violences familiales et de menaces, l'urgence de la situation devenant manifeste. Un de leurs responsables, Terrence Khatchadourian, souligne : "Beaucoup craignent pour leur vie et leur intimité." Les préjugés sont si ancrés que défendre les droits des LGBT+ est perçu comme une atteinte à la culture locale.
Denis Ndour, président de la Ligue sénégalaise des droits de l'Homme, a déclaré dans une interview au journal L’Observateur : "L'homosexualité ne peut être acceptée". Sa position, comme celle d'autres, illustre le défi majeur auquel sont confrontés ceux qui luttent pour l'égalité au Sénégal.
La situation devient intenable pour les LGBT+, comme l'indique un défenseur des droits humains, qui simple face à cette inadéquation croissante des droits, conclut que les efforts se concentreront encore sur l'aide à l'exil de ces personnes vulnérables.







