La Corée du Nord opte pour un rapprochement avec Washington, mais ostracise Séoul

Un nouveau virage diplomatique de la Corée du Nord vers les États-Unis, Séoul laissé de côté.
La Corée du Nord opte pour un rapprochement avec Washington, mais ostracise Séoul
Le leader nord-coréen Kim Jong-un reconnaît les applaudissements lors du Neuvième Congrès du Parti des travailleurs de Corée (WPK) à Pyongyang, en Corée du Nord, sur cette image non datée publiée le 26 février 2026. KCNA / REUTERS

Au terme du neuvième congrès du Parti, Kim Jong-un a exprimé sa volonté de « bien s’entendre » avec les États-Unis, à condition que son statut nucléaire soit reconnu. En revanche, il semble avoir définitivement fermé la porte au dialogue avec la Corée du Sud, qualifiée d'« ennemi le plus hostile ».

Selon l'agence officielle KCNA, Kim a déclaré que si Washington « respectait le statut actuel (de puissance nucléaire) de notre pays, tel qu'il est stipulé dans la Constitution » et mettait fin à sa politique jugée hostile, il n'y aurait aucune raison de ne pas établir de bonnes relations entre les deux pays. Lors du précédent congrès en 2021, il avait déjà désigné les États-Unis comme le « plus grand ennemi » de la nation.

Le président américain Donald Trump, durant une tournée en Asie, avait montré une ouverture inédite aux relations avec Kim Jong-un, une attitude qui pourrait aujourd'hui sembler réciproque. Ces nouvelles déclarations de Pyongyang indiquent une intention de maintenir des relations avec Washington, sans inclure Séoul. L'analyse de Yang Moo-jin, ancien président de l'Université des études nord-coréennes à Séoul, souligne que cette position de Kim décline toute possibilité de négociation basée sur la dénucléarisation.

À l'issue du congrès, qui a récemment pris fin avec une parade militaire, Kim Jong-un a affirmé que la Corée du Nord « n'a absolument rien à faire avec la Corée du Sud », promettant de ne jamais considérer les Sud-Coréens comme des compatriotes. Cette formulation, qualifiée par Kim de « trompeuse », résume les tensions croissantes entre les deux nations.

Alors que le président sud-coréen Lee Jae-myung tente de relancer le dialogue bilatéral, la réponse de Pyongyang reste pour l'heure silencieuse. Kim a ajouté que tant que la Corée du Sud resterait affectée par une situation géopolitique conflictuelle, sa seule option pour vivre en sécurité serait de se retirer de toutes interactions.

Récemment, Pyongyang a abattu un drone en provenance du Sud, incitant à des appels de comptes de la part de Séoul. Les tensions militaires demeurent d’autant plus préoccupantes dans un contexte où aucun traité de paix n’a été signé à l’issue de la guerre de 1950-1953.

Malgré la pression internationale et les sanctions économiques qui pèsent sur la Corée du Nord, un rapport de la présidence sud-coréenne en janvier a estimé que Pyongyang continuerait de produire suffisamment de matériel nucléaire pour assembler jusqu'à 20 têtes nucléaires annuellement. Cependant, des sources diplomatiques sud-coréennes rapportent la possibilité d'une exemption de sanctions pour des projets d'aide humanitaire, ce qui pourrait ouvrir une voie nouvelle vers le dialogue.

La dernière mise à jour de la Constitution nord-coréenne en 2024 a même désigné la Corée du Sud comme un « État hostile », reflétant une position de plus en plus radicale. Cet événement, qui a lieu tous les cinq ans, vise à renforcer l'autorité du régime et à réaffirmer la mainmise de Kim Jong-un sur le Parti, dont il demeure le secrétaire général depuis des années.

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