Les autorités afghanes ont annoncé, samedi, avoir capturé le pilote d'un avion militaire pakistanais abattu près de Jalalabad. Cette déclaration a suscité le rejet immédiat d'Islamabad, marquant une nouvelle escalade des tensions entre les deux nations. Dans un contexte déjà tendu, les États-Unis ont réitéré leur soutien à Pakistanais, qui a déclaré une "guerre ouverte" contre les autorités talibanes.
Selon Tayeb Hammad, porte-parole de la police afghane, "un avion de chasse pakistanais a été abattu dans le sixième district de Jalalabad, et son pilote a été capturé". Cette information a été confirmée par Wahidullah Mohammadi de l'armée afghane. Des témoins ont rapporté avoir vu le pilote sauter en parachute avant d’être appréhendé.
Malgré ces affirmations, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères pakistanais, Tahir Hussain Andrabi, a catégoriquement nié ces déclarations. "C'est une fausse affirmation. Totalement fausse", a-t-il déclaré à l’AFP. Plus tôt, des explosions avaient été entendues près de Jalalabad, renforçant les craintes d'une intensification des combats.
Le lendemain, la situation a empiré avec des frappes aériennes pakistanaises contre des cibles en Afghanistan, alors que le gouvernement taliban annonçait avoir riposté à des attaques précédentes. L'Union européenne a appelé à une "désescalade immédiate" entre les deux voisins, incitant les parties à la cessation des hostilités.
La cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, a exprimé des doutes sur l'utilisation du territoire afghan pour menacer d'autres pays, en appelant à des actions concrètes contre les groupes terroristes. De leur côté, les États-Unis ont exprimé leur soutien au droit du Pakistan de se défendre contre les attaques des talibans, renforçant ainsi leur position comme allié de longue date d'Islamabad.
Le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, a souligné que le Pakistan se défendrait "en toutes circonstances", tout en révélant que 37 sites ont été touchés en Afghanistan. Les relations entre les deux pays, qui étaient autrefois amicales, se sont détériorées depuis la prise de pouvoir des talibans à Kaboul en août 2021, et ce dernier incident souligne l'ampleur croissante de la crise.
Des chiffres contradictoires émergent des deux camps : le gouvernement taliban a déclaré que 55 soldats pakistanais avaient été tués, tandis que des informations venant de l'autre côté évoquent 297 tués parmi les rangs afghans. Alors que la communauté internationale exprime sa préoccupation face à cette escalade, le dialogue reste un souhait exprimé par Kaboul pour résoudre le conflit.







